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Le rituximab diminuerait le risque de lymphome agressif dans la maladie de Castleman associée à l’infection VIH

Publié le 29.11.2011 | par Claire Criton

L’efficacité du rituximab à court terme a déjà été démontrée chez les patients séropositifs traités, présentant une maladie de Castleman. Une étude française récente est en faveur d’un effet protecteur à long terme du rituximab chez ces patients coinfectés.


Une lymphoprolifération rare survenant chez les patients co-infectés par le virus HHV-8 (herpèsvirus humain 8 et le VIH )

La maladie de Castleman est une pathologie lymphoproliférative rare, associée dans 100% des cas au virus HHV-8. Elle survient le plus souvent chez une personne immunodéprimée, en particulier le sujet séropositif avec un taux de CD4 bas.

Le virus HHV8 appartient au groupe des gamma herpes virus. Il est connu pour donner chez le sujet immunodéprimé un certain nombre de maladies hématologiques, dont une des principales est la maladie de Castelman multicentrique. Dans les zones de faible endémie comme l’Europe du Nord et les États-Unis, la contamination se fait essentiellement par voie sexuelle, avec une prévalence plus élevée chez les homosexuels.

L’évolution est marquée par des poussées, parfois spontanément résolutives, mais évoluant le plus souvent, en l’absence de traitement, vers une défaillance multiviscérale ou un lymphome non-hodgkinien et le décès.

Le pronostic est défavorable avec une survie globale à 5 ans de 66% sous multithérapie antirétrovirale.

Particularité de la maladie de Castleman chez les patients infectés par le virus de immunodéficience humaine (VIH)

Dans le contexte de l’infection par le VIH, les manifestations cliniques de la maladie de Castleman sont bruyantes, similaires aux maladies lymphomateuses de haut grade. Elles regroupent des signes évocateurs d’un lymphome :
- un début brutal, avec de la fièvre, des sueurs nocturnes et une rapide altération de l’état général ;
- des adénopathies souvent massives ;
- une splénomégalie constante, parfois « géante » ;
- une hépatomégalie ;
- une cytopénie (anémie, thrombopénie) ;
- une atteinte multi-viscérale fréquente (notamment respiratoire et rénale) ;
- une évolution fluctuante avec des rémissions spontanées transitoires ;
- l’association fréquente à un sarcome de Kaposi (jusqu’à 70 %).

Une analyse rétrospective de la survie globale des patients séropositifs avec une maladie de Castleman

Une équipe française de l’hôpital Saint-Louis de Paris a comparé l’incidence de lymphome non-hodgkinien et la survie globale des patients séropositifs avec une maladie de Castleman, traités avec et sans rituximab.

Les patients sont issus de la cohorte nationale de lymphoprolifération-VIH (hôpital Saint-Louis, Paris), sur une période allant de 1996 à 2010.

Trente-cinq patients ont reçu quatre injections de rituximab hebdomadaires à 375 mg/m2 (groupe R+).

72 patients n’ont pas reçu de rituximab (groupe R–).

Des résultats en faveur d’un effet protecteur du rituximab dans la maladie de Castleman HHV-8 associée à l’infection VIH

- Survenue de lymphome non-hodgkinien

Dans le groupe R+, un seul patient a développé un lymphome non-hodgkinien à 31 mois, alors que dans le groupe R–, 14 patients en ont développé un.

L’incidence cumulée de lymphome non-hodgkinien à quatre ans de suivi est de 3 % dans le groupe R+. cette incidence passe à 21 % dans le groupe R–.

- Survie

La survie à quatre ans est meilleure dans le groupe R+ (93 % ) que dans le groupe R– (70 % ).

Malgré les limites liées à l’analyse rétrospective, on peut conclure à un effet protecteur du rituximab dans la maladie de Castleman HHV-8 associée à l’infection VIH, la différence entre les deux groupes de patients sur la survenue de lymphome et la survie globale étant très significative.


Source

1. Michot J-M, Gérard L, Fieschi C, et al. Impact à long terme du rituximab sur l’évolution de la maladie de Castleman multicentrique associée au VIH. La Revue de Médecine Interne. 2011 ;32, Supplement 2(0):S269.

2. Maladie de Castelman et VIH, site femmes et sida

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