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Le traitement antirétroviral altère-t-il la fonction des glandes salivaires des personnes infectées par le VIH ?

Publié le 13.10.2011 | par Claire Criton

Une étude sénégalaise a étudié la relation entre le traitement antirétroviral et la fonction des glandes salivaires chez les personnes infectées par le VIH. Il semblerait que la fonction des glandes salivaires est beaucoup plus affectée chez les patients non traités.

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Fonction salivaire et sida ; Wikimedia commons ; GNU Free Documentation license, Version 1.2

La bouche sèche et la diminution de la sécrétion salivaire ont souvent été associées au VIH.

La salive joue un rôle important dans la santé buccale. La xérostomie (plainte subjective de bouche sèche) et l’hyposialie (diminution de la sécrétion salivaire) ont été rapportées chez les patients séropositifs.

La prévalence de l’hypofonctionnement des glandes salivaires et de la xérostomie est de 2 % à 10 % chez les patients vivant avec le VIH. De nombreuses études ont rapporté une altération de la fonction des glandes salivaires et de la composition de la salive aux stades précoce et avancé de l’infection.

Les antirétroviraux seraient également susceptibles d’entraîner des effets indésirables comme la xérostomie ou l’hyposialie.

Une étude a évalué le débit et le pH salivaire chez 166 patients vivant avec le VIH.

Cette étude transversale a comparé un groupe de patients traités par antirétroviraux (94 patients) et un second groupe naïf de traitement (72 patients).

Elle a été réalisée dans le service des Maladies infectieuses et tropicales du Centre hospitalier universitaire national de Dakar et en collaboration avec le Département d’Odontologie de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de Dakar.

Différentes explorations ont été réalisées :

- la mesure du débit salivaire non stimulé
Un débit salivaire inférieur à la normale signe une hyposialie.

- la mesure du pH salivaire
Une diminution du pH (pH < 5,5) est un signe évocateur d’hyposialie.

- un questionnaire du patient
L’existence ou non d’une xérostomie c’est-à-dire d’une plainte subjective de sècheresse buccale a été recherchée. Les questions suivantes ont été posées : la quantité de salive dans la bouche vous semble-t-elle suffisante ? Avez-vous la bouche sèche quand vous mangez ? Prenez- vous de l’eau pour vous aider à avaler les aliments, avez-vous des difficultés pour parler  ? Votre muqueuse buccale vous fait-elle mal ?

- le test du gant
Un doigt ganté est posé sur la face interne des joues ; le test est positif et signe une hyposalivation si le gant colle à la muqueuse jugale.

- la présence de polycaries cervicales
Elle est évaluée du fait du rôle de protection et de nettoyage de la salive.

Chez les patients non traités, la fonction des glandes salivaires était plus altérée.

- Dans la population de patients vivant avec le VIH naïfs de tout traitement, 20,8 % présentaient une xérostomie et 13,9 % une hyposialie ;

- Dans le groupe de patients sous antirétroviraux, 7,4 % présentaient une xérostomie et 5,3 % avaient une hyposialie.

- Seule l’association thérapeutique Ténofovir/Lamivudine/Névirapine était statistiquement associée à l’hyposialie.

- Le taux de lymphocytes T CD4 n’était pas corrélé à l’hyposialie.

- La xérostomie et le test du gant positif étaient associés à une diminution du débit salivaire non stimulé dans les deux groupes de patients.

Ces résultats sont en contradiction avec d’autres études.

En 2009, Navazesh avait établi que la multithérapie hautement active (HAART) à base d’inhibiteurs de protéase était associée à une diminution significative du débit salivaire stimulé ou non stimulé.

La salive joue un rôle important dans la santé buccale et systémique, et son absence affecte la qualité de vie des patients.

L’existence d’un dysfonctionnement des glandes salivaires chez les patients séropositifs s’accompagne d’un risque de développer des lésions à type de caries, des affections parodontales, des infections fongiques et des troubles digestifs.

Le traitement antirétroviral agit-il positivement sur la fonction sécrétoire des glandes salivaires ?

D’autres études plus fines et sur des cohortes plus importantes doivent être envisagées pour le confirmer.


Source

- PAPA ABDOU LECOR ; DIOP ; OUMAR HAROUNA SALL ; “ Évaluation du débit salivaire chez les personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral ” ; MBCB. Médecine buccale chirurgie buccale 2011, 17, 177 - 183

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