Les fumeurs de crack présenteraient un risque plus élevé d’infection par le VIH

Publié le 10.11.2009 | par Claire Criton

Une étude canadienne récente note que fumer quotidiennement du crack augmenterait le risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine, sans que les chercheurs puissent définir le lien exact de causalité.

Qu’est ce que le crack ?

Le crack a été découvert en 1981 aux États-Unis, plus précisément en Caroline du Sud.

C’est un dérivé de la cocaïne, appelé aussi cocaïne base ou free base. Il est obtenu par mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et/ou d’ammoniaque. Il se présente sous la forme de petits cailloux. L’usager en inhale la fumée après les avoir chauffés. Cette opération provoque des craquements, origine de son nom.

Le crack fait partie de la même famille que la cocaïne : les stimulants, dont il a les mêmes effets. Ils se font toutefois sentir plus rapidement et plus intensément. C’est un peu comme de la cocaïne qui aurait été « boostée ».

Les effets surviennent seulement 10 secondes après avoir aspiré une seule bouffée. On ressent alors une euphorie, qui ne dure par contre que 5 à 10 minutes. C’est pourquoi une nouvelle dose devient vite nécessaire.

L’usage habituel de crack provoque une tolérance et une dépendance physique forte et très rapide. De cette dépendance découle des effets dévastateurs extrèmement rapide sur la personnalité.

Les effets

Ils surviennent en 3 phases :

- Lors de l’inhalation, sensation d’un flash soudain et intense qui dure quelques secondes

- Deuxième phase : excitation euphorique qui peut durer plus de cinq minutes avec un sentiment de puissance, une augmentation du désir sexuel et des hallucinations.

- Troisième phase : forte dépression

Le crack peut entrainer aussi des troubles plus graves pouvant conduire à la mort et amplifiés par le surdosage :

  • Troubles pulmonaires
  • Maladies cardiaques
  • Perte de poids
  • Troubles psychologiques (paranoïa)

L’étude canadienne

Les chercheurs ont étudié le lien entre consommation de drogue et VIH dans le quartier défavorisé d’Eastside à Vancouver. L’étude, s’est ’étendue sur neuf ans et a été publiée par le Canadian Medical Association Journal. Lorsqu’ils ont entamé leur étude, en 1996, aucun élément n’indiquait que fumer quotidiennement du crack augmentait le risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine. Des signes de risque sont apparus en milieu d’étude et se sont accentués au fil du temps en même temps qu’augmentait le nombre de participants à l’étude reconnaissant fumer du crack, une variante solide de la cocaïne qui rend très dépendant. Les participants à l’étude affirmant fumer du crack quotidiennement risquaient quatre fois plus d’être infectés par le VIH que ceux qui fumaient moins fréquemment ou pas du tout.

Hypothèses de causalité

- Lésions de la sphère oropharyngée Les fumeurs peuvent présenter des lésions dans la bouche favorisant la propagation du virus lors des partages de pipes.

- Relations sexuelles non protégées

Sous l’influence du crack, les toxicomanes auraient des relations sexuelles non protégées.

Dans la presse scientifique et pour en savoir plus :

- “Smoking of crack cocaine as a risk factor for HIV infection among people who use injection drugs” ; Kora DeBeck MPP, Thomas Kerr PhD, Kathy Li PhD, Benedikt Fischer PhD, Jane Buxton MD, Julio Montaner MD, Evan Wood MD PhD ; Canadian Medical Association Journal, 20 Octobre 2009
- MILDT
- CNID

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