Les microbicides toujours d’actualité dans la lutte contre le VIH/sida

Publié le 11.03.2009 | par Claire Criton

Une équipe américaine a testé chez le singe un microbicide anti-VIH à base de monolaurate de glycérol, agent antimicrobien et anti-inflammatoire utilisé dans l’agro-alimentaire et la cosmétique, dont l’action empêche l’afflux vaginal des cellules cibles du virus, les CD4+.

La transmission du SIV (VIS/SIV virus de l’immudéficience simienne) chez les macaques est reconnue comme étant le modèle qui se rapproche le plus de la transmission du VIH chez l’homme.

L’équipe d’Ashley Haase (Université du Minnesota, USA) a constaté qu’au cours des tout premiers stades de l’infection, le VIH se sert des cellules du système immunitaire (les CD4+). Bloquer la réaction immunitaire qui attire ces CD4+ sur le site de l’inflammation permettrait donc de réduire les risques de contamination par le VIH.

Lorsque les guenons sont infectées par le SIV, une réaction inflammatoire vaginale favorise le recrutement de cellules CD4+, soit celles justement visées par le virus. Cette réponse immunitaire est en fait contreproductive car elle aide le virus au lieu de le combattre.

Lors d’expériences in vitro, le monolaurate de glycérol (GML) avait déjà montré sa capacité à inhiber la production de cytokines inflammatoires par les cellules humaines d’épithélium vaginal en réponse aux toxines staphylococcales ou au VIH. Les cytokines provoquant l’afflux de lymphocytes T CD4+, cellules cibles du VIH, les chercheurs se sont donc penchés sur l’action inhibitrice particulièrement intéressante du GML.

Ils ont testé le produit sur dix macaques, cinq recevant le gel à base de monolaurate de glycérol, les autres un placebo. Alors que quatre des cinq contrôles ont été infectés, ceux prenant le monolaurate de glycérol se sont trouvé protégés de l’infection aiguë. Seul un d’entre eux, après une longue période de suivi, s’est avéré à plus long terme avoir été infecté.

Le monolaurate de glycérol pourrait être le premier exemple d’une classe de composés assurant une protection en interférant avec la réponse inflammatoire muqueuse innée.

Cette étude n’ayant été menée que sur des animaux et sur un échantillon restreint, davantage de travaux sont nécessaires avant des essais sur l’homme.

Les microbicides anti-VIH suscitent l’espoir dans les pays à forte prévalence VIH car ils représentent un outil de prévention facile d’utilisation et destiné aux femmes, dont nombre d’experts déplorent le peu de poids dans la décision de protéger un rapport sexuel.

Dans la presse scientifique :

-  "Glycerol monolaurate prevents mucosal SIV transmission"  ; Qingsheng Li, Jacob D. Estes, Patrick M. Schlievert, Lijie Duan, Amanda J. Brosnahan, Peter J. Southern, Cavan S. Reilly, Marnie L. Peterson, Nancy Schultz-Darken, Kevin G. Brunner, Karla R. Nephew, Stefan Pambuccian, Jeffrey D. Lifson, John V. Carlis, Ashley T. Haase ; Nature (04 Mar 2009)

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