Nouvelle campagne d’information sur les infections sexuellement transmissibles (IST)

Publié le 09.07.2009 | par Patricia Fener

Depuis le 25 juin, le Ministère de la santé et l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) mènent une campagne d’information sur les Infections Sexuellement Transmissibles, les IST. L’objectif est de faire connaître ce sigle auprès du public, et de l’inciter à la prévention par le port du préservatif.

JPEG - 4.6 ko

Les infections sexuellement transmissibles (IST) se transmettent la plupart du temps lors d’un rapport sexuel. Plus de trente bactéries, virus et parasites sont responsables de ces infections. Certains agents infectieux, comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le Treponema pallidum agent de la syphilis, se transmettent aussi de la mère à l’enfant pendant la grossesse et lors de l’accouchement.

Infections bactériennes courantes
- L’infection uro-génitale à Neisseria gonorrhoeae, responsable de la gonorrhée ou infection à gonocoque ;
- L’infection à Chlamydia trachomatis ;
- La syphilis due à Treponema pallidum ;
- Le chancre mou dont l’agent infectieux est Haemophilus ducreyi ;
- Le granulome inguinal ou donovanose dû à Klebsiella granulomatis (précédemment connue sous le nom de Calymmatobacterium granulomatis).

En France, le Centre national de référence des gonocoques, par l’intermédiaire du réseau Renago, a identifié Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis comme étant les deux agents infectieux les plus fréquemment retrouvés, isolément ou en association.

Infection uro-génitale à Neisseria gonorrhoeae
Le gonocoque infecte particulièrement les muqueuses de l’urètre, de l’endocol, du rectum et parfois des conjonctives . Sa transmission se fait directement à l’occasion d’un rapport sexuel.
La contamination des muqueuses conjonctivales se fait par l’intermédiaire de doigts contaminés.

Chez l’homme, l’infection urétrale se manifeste après une incubation relativement courte de 2 à 6 jours, et se traduit par un écoulement urétral purulent dans 80% des cas et/ou une dysurie dans 50% des cas.
L’infection urétrale peut être asymptomatique dans 10% des cas.
L’infection ano-rectale chez l’homme est le plus souvent asymptomatique mais peut se manifester par un écoulement ano-rectal et/ou par une douleur ou une gène péri-anale.
L’infection pharyngée est habituellement asymptomatique dans plus de 90% des cas.

Chez la femme, l’infection à Neisseria gonorrhoeae est le plus souvent asymptomatique.
Les leucorrhées plus ou moins purulentes sont retrouvées dans environ 50% des cas.
Des douleurs abdominales basses sont présentes dans 25% des cas.
L’infection urétrale peut se manifester par une dysurie dans environ 10% des cas.
Les méno-métrorragies sont rares.
L’infection pharyngée est habituellement asymptomatique.

Infection uro-génitale à Chlamydia trachomatis
C’est l’infection sexuellement transmissible bactérienne la plus fréquente de la femme.
La bactérie ne se développant qu’au niveau du col de l’utérus, on peut observer quelques leucorrhées non spécifiques.
Les chlamydioses peuvent cependant entraîner une infection ascendante du tractus génital féminin responsable d’une cervicite, voire d’une endométrite puis d’une salpingite.
Le plus souvent asymptomatique, cette infection peut, en l’absence de traitement, être à l’origine de complications graves (grossesse extra-utérine, stérilité tubaire).

Infections virales courantes
- L’infection à VIH ;
- L’herpès génital dû au Virus Herpes simplex de type 2 (HSV2) ;
- L’infection à Papillomavirus humain ;
- L’hépatite virale B dont l’agent infectieux est le Virus de l’hépatite B ;
- L’infection à Cytomégalovirus.

L’herpès génital dû au Virus Herpes simplex de type 2
L’herpès génital est l’IST la plus répandue en Amérique du Nord et en Europe.
En France, l’herpès touche 17 millions de Français, et 75% de ces malades s’ignorent... car ils ne sont pas diagnostiqués. Ils risquent ainsi à tout moment de transmettre le virus à leur(s) partenaire(s).
En France, l’étude Herpimax a évalué la séroprévalence de l’HSV2 à 17,2%, avec pour facteurs de risque le fait d’être une femme, d’avoir un nombre de partenaires élevé et d’habiter en Ile-de-France ou en PACA. L’étude montrait que la prévalence s’élevait jusqu’à 80% chez les personnes déclarant plus de 10 partenaires au cours des deux dernières années.

L’infection à Papillomavirus humain
Il existe deux groupes de papillomavirusvirus humain (PVH) à tropisme génital : les virus à bas risque oncogène et les virus à haut risque oncogène (15 génotypes)

  • Les PVH à bas risque sont la cause de condylomes génitaux et de lésions dysplasiques du col de bas grade. Les génotypes les plus fréquents sont le PVH 6 et le PVH 11, dont le risque carcinogène est exceptionnel.
  • Les PVH à haut risque sont responsables de dysplasies du col utérin de haut grade et des cancers du col. Les PVH 16 et 18 sont le plus souvent en cause. Il est actuellement établi que les papillomavirus humains sont les facteurs étiologiques indispensables dans le développement de lésions pré-néoplasiques et néoplasiques du col utérin.

Deux vaccins papillomavirus, l’un quadrivalent et l’autre bivalent, sont maintenant sur le marché. Ils sont tous deux efficaces sur les PVH 16 et 18, responsables de 70% des cancers du col utérin dans le monde.
Le vaccin quadrivalent est également dirigé contre les PVH 6 et 11, responsables de 90% des condylomes génitaux acuminés.
Les deux vaccins sont donc utilisés en priorité pour la prévention du cancer du col de l’utérus. La vaccination ne dispense en aucun cas de la réalisation d’un frottis cervico-vaginal régulier, seul moyen de dépistage des lésions du col utérin.

Infections parasitaires et mycosiques courantes
- La trichomonase vaginale due à Trichomonas vaginalis ;
- L’infection à Candida albicans.

Les IST sont souvent asymptomatiques
Selon L’Organisation mondiale de la santé (OMS), 70% des femmes et une grande proportion des hommes atteints de gonococcie et/ou de chlamydiose seraient asymptomatiques. Tout symptôme inhabituel au niveau uro-génital doit conduire à consulter un médecin car les IST peuvent entraîner de graves complications, notamment chez les femmes.

Complications des IST chez les femmes
Les IST sont la principale cause évitable de stérilité, en particulier chez les femmes.

En l’absence de traitement, les chlamydioses entraînent une infection génitale haute symptomatique dans 10 à 40% des cas, avec des lésions tubaires à l’origine de 30 à 40% des cas de stérilité.

Le risque de grossesse extra-utérine est 6 à 10 fois plus élevé chez les femmes qui ont déjà eu une infection génitale haute et 40 à 50% des grossesses extra-utérines sont consécutives à une infection génitale haute.

Une infection associée au papillomavirus humain peut conduire à un cancer de l’appareil génital, et en particulier du col de l’utérus.

Les principaux symptômes des IST les plus courantes sont les suivants
- Écoulement urétral ;
- Ulcères génitaux ;
- Oedème inguinal (bubon, tuméfaction de l’aine) ;
- Tuméfaction du scrotum ;
- Pertes vaginales ;
- Douleur abdominale basse ;
- Infections ophtalmiques du nouveau-né (conjonctivite du nouveau-né).

Le diagnostic des IST repose sur des examens de laboratoire.

IST et VIH
Il existe une aggravation du risque de transmission du VIH en cas d’infections sexuellement transmissibles non traitées chez l’un ou l’autre des partenaires.
L’existence d’une IST multiplierait par 10 le risque de transmission du VIH. Il est donc important de traiter immédiatement les IST pour réduire le risque d’infection à VIH.

Prévention des IST
Le meilleur moyen pour se protéger du VIH et des autres IST est d’utiliser un préservatif pour la fellation et un préservatif avec un gel à base d’eau pour la pénétration.
En effet, si le risque de transmission du VIH par la fellation est faible, il est en revanche très important pour certaines IST dont la syphilis.
Le préservatif est le seul moyen de contraception qui protège du VIH et des IST.
Attention, les spermicides locaux (sprays, gelées, ovules) n’assurent aucune protection contre les IST.

Source :
- Inpes

- Info IST

- OMS

Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu