PRO 2000, gel vaginal prometteur dans la prévention de l’infection par le VIH

Publié le 12.02.2009 | par Patricia Fener

Les résultats d’une étude clinique portant sur un gel vaginal microbicide, le PRO 2000, testé dans le cadre de la prévention de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ont été présentés à la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) qui s’est tenue à Montréal (Canada) du 8 au 11 février.

Les microbicides sont des produits mis au point à l’intention des femmes afin de réduire la transmission du VIH au cours des rapports sexuels. Un microbicide peut se présenter sous la forme d’un gel, d’une crème, d’un film, d’un comprimé ou d’une éponge, ou encore être incorporé dans un anneau vaginal qui libère progressivement une matière active.

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Pour l’instant, les différents essais cliniques menés sur les microbicides n’ont pas été concluants. Un essai portant sur le sulfate de cellulose, un microbicide candidat, a même dû être interrompu prématurément en raison du nombre plus élevé d’infections à VIH recensées dans le groupe utilisant ce produit par rapport au groupe placebo.

Ce nouveau gel vaginal microbicide, le PRO 2000 (polynaphthalène sulphonate), est fabriqué par le laboratoire américain Indevus Pharmaceuticals à Lexington dans le Massachusetts.

Le PRO 2000 a été testé dans le cadre d’une étude menée dans cinq sites d’Afrique du Sud, de Tanzanie et d’Ouganda, ainsi que dans une deuxième étude impliquant sept sites situés au Malawi, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe. Dans cette deuxième étude, un autre composé, le BufferGel, conçu par le laboratoire ReProtect Inc. à Baltimore dans le Maryland, a également été évalué.

Cet essai clinique nommé HPTN 035, a débuté en 2005. Le mécanisme d’action de PRO 2000 est d’inhiber l’entrée du VIH dans les cellules, alors que celui du BufferGel est d’augmenter l’acidité naturelle du vagin ce qui peut contribuer à inactiver le VIH.

Le PRO 2000 a été efficace à 30% tandis que BufferGel n’a eu aucun effet notable. Bien que ce taux soit proche des 33%, considérés comme statistiquement significatifs, on ne peut pas conclure à l’efficacité de cette molécule appliquée localement dans le vagin ou le rectum pour prévenir la transmission de l’infection par le VIH.

Le taux d’incidence du VIH était de 2,7 sur 100 personnes-années parmi les femmes utilisant PRO2000, alors que l’incidence était de 4 sur 100 personnes-années dans les autres cas (utilisation du BufferGel ou d’un gel placebo ou pas de gel).

Mais lorsque les chercheurs ont répété leur analyse et ont pris en compte le nombre de fois où les femmes n’avaient pas utilisé le gel, les résultats ont montré que l’utilisation de PRO 2000 a provoqué une réduction statistiquement significative de 36% du risque de transmission du VIH.

D’autres analyses ont montré que plus les femmes utilisent le gel, et plus le niveau de protection offert est élevé.

Du fait de ces premières constatations, les résultats d’un autre essai clinique de phase III, actuellement en cours, testant le PRO 2000 auprès de 9 400 femmes en Afrique sont attendus en août 2009 avec beaucoup d’espoir. La confirmation de l’efficacité du PRO 2000 dans la prévention de l’infection par le VIH serait une avancée spectaculaire dans certaines régions comme l’Afrique sub-saharienne où la population infectée par le VIH est composée à 60% de femmes.

Source :
- CROI 2009 :
Microbicide reduces HIV infections by 30% in first success for field
Abdool Karim S et al.
Safety and effectiveness of vaginal microbicides BufferGel and 0.5% PRO 2000/5 Gel for the prevention of HIV infection in women : results of the HPTN 035 trial.
Sixteenth Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, Montreal, abstract 48LB, 2009.

A écouter :
- Webcast

Pour en savoir plus :
- Alliance for microbicide development

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