Panorama de la santé en Europe : épidémiologie de l’infection à VIH/sida

Publié le 28.03.2011 | par Patricia Fener

La Commission européenne (CE) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) viennent de publier un rapport « Panorama de la santé : Europe 2010 » dans lequel sont proposés des indicateurs clés de la santé et des systèmes de santé dans 31 pays européens, à savoir les 27 États membres de l’Union européenne (UE), l’Islande, la Norvège, la Suisse et la Turquie. En ce qui concerne l’épidémie de VIH/sida, on constate un ralentissement de la baisse des nouveaux cas qui doit conduire à une redéfinition des programmes de prévention à destination des populations les plus à risque.

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VIH, sida, épidémiologie, Europe ;Wikimedia commons

En 2008, le nombre de nouveaux cas de sida était d’environ 5 300 dans l’Union européenne (UE)
soit un taux d’incidence moyen non pondéré de 12,7 par million d’habitants.

Après l’annonce des premiers cas de sida au début des années 1980, le nombre de personnes touchées a augmenté rapidement pour atteindre une moyenne de plus de 37 nouveaux cas par million d’habitants dans les pays de l’UE au milieu des années 1990, incidence trois fois supérieure au taux actuel.

Grâce aux campagnes de sensibilisation, une baisse constante des nouveaux cas a été enregistrée dans la seconde moitié des années 1990. De plus, le développement des antirétroviraux et une amélioration de leur mise à disposition ont conduit à ralentir la propagation de l’épidémie et diminuer l’incidence de la maladie à partir de 1996.

En 2008, les plus hauts taux d’incidence du sida dans les pays de l’UE ont été signalés en Estonie, Lettonie, Portugal et en Espagne
Ces pays ont déclaré entre 25 et 50 nouveaux cas de sida par million d’habitants.

L’Espagne avait le taux d’incidence le plus élevé entre les années 1980 et 1990, suivi d’une forte baisse à partir de 1994.

Au Portugal, c’est vers la fin des années 1990 que le taux d’incidence a atteint un pic.

En Estonie cette augmentation a lieu depuis le milieu des années 2000.

C’est dans les pays d’Europe centrale comme la République tchèque, la République slovaque, la Hongrie et la Pologne que l’on trouve les taux d’incidence du sida les plus bas.

Dans l’Union européenne, environ 730 000 personnes vivaient avec le VIH en 2007
L’Italie, l’Espagne et la France avaient les taux les plus élevés de prévalence du VIH suivis par le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Plus de 25 000 nouveaux cas de VIH ont été diagnostiqués dans l’Union européenne en 2008. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) représentent la population la plus touchée. Viennent ensuite les contaminations suite à des rapports hétérosexuels.

Cependant, parmi les pays d’Europe orientale, la consommation de drogues injectables reste le mode de contamination le plus répandu.

En Europe occidentale et en Europe Centrale, environ 75% des contaminations VIH par voie hétérosexuelle touchent des migrants.

Ces dernières années, on note un ralentissement de la diminution des cas de sida
Ce phénomène s’explique par un relâchement des comportements de prévention et de la vigilance dû à l’existence d’un traitement et par une inefficacité des programmes de sensibilisation du public aux risques liés à l’usage de drogues et à certaines pratiques sexuelles.

Depuis 2000, le nombre de nouveaux cas de VIH a plus que doublé pour atteindre la valeur de 89 par million d’habitants en 2008 .

Au vu de ses résultats, l’objectif est maintenant d’essayer de freiner ce ralentissement de la baisse des cas de sida, en mettant en oeuvre des politiques de prévention de l’infection à VIH ciblées, destinées aux populations les plus à risque d’être infectées par le VIH.


Source :
-  OCDE 2010  : Health at a Glance : Europe 2010

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