Performances des tests utilisés en 2009 pour le diagnostic de l’infection par le VIH

Publié le 20.08.2009 | par Claire Criton

En 2009, les tests disponibles permettent de faire le diagnostic de l’infection à VIH/sida très précocement, parfois avant la quatrième semaine de contamination et avec un très faible taux d’erreur.



Rappel

- Le virus est décelable après la contamination, sous la forme d’acide ribonucléique (ARN) à partir du 10-12ème jour. L’ARN viral est donc le premier marqueur à être détectable dans le sang après une contamination par le VIH.
- l’antigène viral p24 est décelable après en moyenne 17 jours puis redevient indétectable après quelques semaines. L’antigénémie p24 se négative dès l’apparition des anticorps et reste négative durant les premières années de l’infection. C’est un marqueur direct de l’infection à VIH. Il correspond à la présence de particules virales et de protéines virales libres.
- les anticorps anti-VIH, IgM puis IgG apparaissent après 22 jours. On parle alors de séroconversion mais le délai d’apparition des anticorps après le contact infectant peut varier de 3 semaines à 3 mois.

Quels sont les tests actuellement disponibles et leurs performances ?

En 20 ans, le diagnostic biologique de l’infection par le HIV a évolué, permettant notamment une détection des anticorps plus précoce et plus facile.

Les tests sérologiques Elisa combinés

- Les tests sérologiques Elisa combinés dits de quatrième génération détectent en même temps les anticorps IgG, IgM anti-HIV-1 et anti-HIV-2 et l’antigène p24. Ils sont la référence en 2009.
Ils décèlent l’infection à partir de 3 à 4 semaines après la contamination.
- Ils ont une sensibilité et une spécificité proches de 100 %, dès 4 semaines après la contamination.
- Les faux négatifs sont exceptionnels, les faux positifs sont moins rares.
- En cas de traitement antirétroviral postexposition, l’apparition des anticorps est parfois retardée d’où la nécessité d’une vérification 3 mois après la contamination.
- Tout résultat positif doit être confirmé par une autre technique et sur un autre prélèvement (double confirmation). En général on réalise un Western Blot, technique d’immunotransfert qui recherche séparément les anticorps dirigés contre les protéines correspondant aux trois régions principales du génome viral. On réalise dans le même temps un second test Elisa sur un prélèvement sanguin différent pour éliminer une erreur de manipulation ou d’identité.
- Le diagnostic de VIH/sida est confirmé seulement en cas de positivité du Western Blot et des 2 tests Elisa sur deux prélèvements distincts.

Les tests sérologiques unitaires de diagnostic rapide

- Les tests sérologiques de diagnostic rapide, unitaires sont des tests utilisables en dehors des laboratoires par des personnes formées (lieux de soins, lieu de prévention).
- Ils sont présentés en trousse et donne un résultat en moins de 3 minutes à partir d’un échantillon de plasma, de sérum, de sang total et pour certains d’urine ou de salive.
- Ils ont une sensibilité proche de 100 % et une spécificité d’environ 99 %, lorsque la contamination date de plus de 3 mois.
- Ils ne détectent pas l’antigène p24, et sont moins sensibles que les tests sérologiques Elisa combinés lors de la séroconversion.
- Ils ne sont donc pas adaptés au diagnostic d’une infection récente.
- Tout résultat sérologique positif ou douteux est à confirmer par une autre technique, et par une nouvelle sérologie Elisa sur un deuxième prélèvement.
- D’après l’HAS (Haute autorité de santé) l’absence d’infection VIH ne peut être confirmée qu’en l’absence de possibilité de contamination dans les trois mois précédents le test.

La recherche de l’ARN viral

 Elle se fait par une technique d’amplifiaction génique PCR (polymerase chain reaction) qui mesure la charge virale [1].
- En 2009, la recherche de l’ARN viral met en évidence la présence du VIH avant l’apparition des anticorps, habituellement dès 2 à 3 semaines après la contamination, soit une semaine avant l’apparition de l’antigène p24.
- Cette méthode est très sensible pour le VIH-1, mais avec des faux positifs, et elle ne détecte pas toujours les rares infections dues au VIH-2 ou à certains variants du HIV-1.
- La dérection d’ARN viral doit toujours être confirmée par une sérologie Elisa 6 semaines au moins après la contamination supposée.
- La recherche de l’ARN viral est utile en cas de suspicion de primo-infection aiguë, mais ce n’est pas une méthode adaptée au dépistage de routine du HIV.
- Cette technique peut être également très utile pour confirmer une recherche d’anticorps positive ou douteuse lorsque le western Blot est négatif ou douteux.

Dans la presse scientifique :

Diagnostic de l’infection par le HIV ” ; Rev Prescrire 2009 ; 29 (309) : 523-525


[1] Nombre de particules de VIH dans un échantillon de sang exprimée en nombre de “copies” d’ARN VIH par millilitre

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