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D’après une étude récente réalisée sur 23 cohortes de séropositifs d’Europe, d’Australie et du Canada, il y aurait une différence significative entre homme et femme dans la progression de la maladie à partir de 1997 dans les pays développés.
Les auteurs ont analysé les données de la collaboration CASCADE (Concerted Action on SeroConversion to AIDS and Death in Europe) restreinte à 6 923 séropositifs infectés par voie hétérosexuelle ou injection de drogue. La date de séroconversion était connu. Les enfants âgés de moins de 15 ans au moment de la séroconversion ont été exclus.
Alors qu’avant l’introduction des multithérapies en 1997, la différence de mortalité homme/femme n’était pas significative, à partir de cette date les femmes ont montré un risque moindre :
- d’évolution vers le stade sida (risque relatif cumulé (aCRR) = 0.76, 95% intervalle de confiance (CI) : 0.63, 0.90) ;
- de mort (risque relatif= 0.68, 95% CI : 0.56, 0.82) ;
- de mort sans sida déclaré (aCRR = 0.74, 95% CI : 0.56, 0.98) ;
- de démence lié au VIH (aCRR = 0.23, 95% CI : 0.07, 0.74) ;
- de tuberculose (aCRR = 0.60, 95% CI : 0.39, 0.92) ;
- de sarcome de Kaposi (aCRR = 0.27, 95% CI : 0.07, 0.99) ;
- de lymphome (aCRR = 0.47, 95% CI : 0.23, 0.96).
Cette différence entre sexe à l’ère des multithérapies pourrait faire penser que les programmes de lutte anti-VIH aurait un plus fort impact auprès des femmes.
Conclusion : Les femmes survivent plus longtemps après la séroconversion et leur risque de mourir serait de 32 % inférieur à celui des hommes et ceci malgré un taux légèrement moindre de femmes bénéficiant de multithérapie antirétrovirale. Les auteurs se demandent si un fondement biologique pourrait être une des causes de cette inégalité.
Dans la presse scientifique :
"Gender Differences in HIV Progression to AIDS and Death in Industrialized Countries : Slower Disease Progression Following HIV Seroconversion in Women " ; Inmaculada Jarrin, Ronald Geskus, Krishnan Bhaskaran, Maria Prins, Santiago Perez-Hoyos, Roberto Muga, Ildefonso Hernández-Aguado, Laurence Meyer, Kholoud Porter, and Julia del Amo ; Am. J. Epidemiol. 2008 168 : 532-540 ; doi:10.1093/aje/kwn179

