Ptosis palpébral et VIH : la zidovudine en cause

Publié le 14.04.2010 | par Claire Criton

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VIH, zidovudine et ptose palpébrale

La paralysie palpébrale est une manifestation atypique de la toxicité de la zidovudine, antirétroviral prescrit dans le cadre de trithérapie au cours de l’infection à VIH/sida. Cette manifestation clinique doit être connue du prescripteur pour un diagnostic précoce et l’arrêt rapide de la molécule







- La myopathie est l’une des manifestations décrite de la toxicité de la zidovudine (AZT).

La zidovudine est un antirétroviral de la classe des analogues nucléosidiques. Elle agit en inhibant une enzyme appelée la transcriptase inverse, enzyme dont le virus a besoin pour se multiplier dans l’organisme.

La myopathie concerne au début surtout les muscles des ceintures, la racine des membres. Elle se caractérise par une fatigabilité et des douleurs musculaires, puis secondairement par une amyotrophie et un déficit moteur des membres. La ptose de la paupière et l’abolition des mouvements oculaires présentés par la patiente de ce cas clinique sont des manifestations atypiques de la toxicité de l’AZT.

- L’acidose lactique caractérise la toxicité mitochondriale de la zidovudine.

La zidovudine interagit avec l’ADN mitochondrial, entraînant une anomalie de production des protéines de la chaîne respiratoire. Ce mécanisme est à l’origine d’une réduction de l’énergie musculaire et d’une production de radicaux libres.

- L’incidence des myopathies toxiques iatrogènes risque d’augmenter.

Depuis 2009, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’élimination progressive de la stavudine, ou d4T, un antirétroviral de première ligne aux effets secondaires irréversibles utilisé dans les pays en développement en raison de son faible coût et de sa grande disponibilité. Son remplacement par des alternatives moins nocives comme le tenofovir ou la zidovudine est désormais conseillé.

Le retrait de la stavudine aura pour conséquence probable une augmentation de la prescription de la zidovudine.

- Le traitement passe par l’arrêt de la zidovudine et si nécessaire son remplacement par une molécule telle que l’abacavir ou le ténofovir.


Dans la presse scientifique

- “ Toxicité mitochondriale : cas d’un ptosis palpébral de l’oeil gauche chez une patiente infectée par le VIH sous trithérapie antirétrovirale comportant de l’AZT ” ; ZANNOU D. M. ; AZON-KOUANOU A. ; BASHI B. J ; Bulletin de la Société de pathologie exotique A. 2009, vol. 102, n° 2, pp. 97-98

- “ Nouvelles recommandations de l’OMS sur la prévention et le traitement de l’infection à VIH

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