Quel vaccin utiliser contre le virus A(H1N1) 2009 chez les patients VIH+

Publié le 26.11.2009 | par Patricia Fener

La campagne de vaccination contre le virus A (H1N1)v a débuté le vendredi 20 novembre par les femmes enceintes (à partir du 2ème trimestre) et les nourrissons de 6 à 24 mois. Le ministère de la santé vient de publier un tableau récapitulatif des indications de vaccination.

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Wikimedia commons

La grippe A (H1N1)v de 2009 est une maladie respiratoire aiguë contagieuse provoquée par un virus de la grippe A de sous-type H1N1.
Ce nouveau virus grippal contient des gènes de plusieurs virus connus d’origine porcine, aviaire et humaine. Il est différent du virus A (H1N1) responsable de la grippe saisonnière, d’origine humaine.

Les vaccins dirigés contre le virus A (H1N1)v

Sur la base de I’avis rendu le 2 octobre 2009 par le Haut conseil de santé publique (HCSP) suite à l’obtention d’autorisation de mise sur le marché (AMM) par les instances européennes, 3 vaccins sont actuellement disponibles sur le marché français.

Deux vaccins sont inactivés, fragmentés, produits sur oeuf, avec adjuvant.
- PANDEMRIX@ des Laboratoires GlaxoSmithKline Biologicals, avec comme adjuvant ASO3. [1]
- FOCETRIA@ des Laboratoires Novartis Vaccines and Diagnostics, avec comme adjuvant MF59 [2].
L’adjuvant est une substance utilisée pour augmenter l’efficacité des vaccins. Il permet une réduction des doses d’antigènes et entraîne une réponse immunitaire croisée.

Un vaccin est inactivé, avec virion entier, cultivé sur cellules vero, sans adjuvant.
Il s’agit du CELVAPAN@, produit par le laboratoire Baxter.

Le développement de ces vaccins a été fait sur la base d’un vaccin « mock-up » c’est à dire préparé en avance avec une souche virale H5N1, puis adapté avec la souche du virus H1N1 telle qu’identifiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mai 2009.
Cette procédure adaptée à un contexte pandémique s’appuie sur l’hypothèse que l’on peut globalement extrapoler le résultat des essais cliniques fait sur la souche du virus H5N1, l’écart de composition entre cette souche grippale et la souche pandémique actuelle (différence d’antigènes) n’étant pas de nature à modifier de façon significative le profil d’efficacité et de sécurité du vaccin, compte tenu notamment de la similarité des méthodes de production et de contrôle et du fait que dans les deux cas la population à vacciner n’a pas été antérieurement exposée au virus.

Les indications sont différentes selon que l’infection à VIH est contrôlée ou non par un traitement antirétroviral

Pour les personnes infectées par le VIH, l’intérêt de la vaccination est de réduire le risque de formes graves et de décès.

Infection contrôlée par le traitement antirétroviral

La vaccination est recommandée avec un vaccin adjuvé, PANDEMRIX@ ou FOCETRIA@.

S’il existe une contre-indication absolue à la vaccination :
- en raison d’une allergie de type anaphylactique aux protéines aviaires (oeuf, viande poulet, ovalbumine) : le vaccin CELVAPAN® préparé sur culture de cellules, peut être utilisé, si ce vaccin est disponible.
Si ce vaccin est indisponible, la vaccination de l’entourage pourra être envisagée.
- en raison d’une allergie de type anaphylactique à un autre constituant du vaccin, ne pas vacciner ou réaliser la vaccination de l’entourage.

Infection non contrôlée par le traitement antirétroviral

La vaccination par un vaccin adjuvé est recommandée, à raison de 2 doses à 3 semaines d’intervalle.
Il existe des stratégies alternatives s’il existe une contre-indication absolue à la vaccination en raison d’une allergie :
- aux protéines aviaires, utiliser alors le vaccin CELVAPAN® ;
- aux autres constituants du vaccin, ne pas vacciner ou vacciner l’entourage.

Cas particuliers des enfants de moins de 2 ans infectés par le VIH

La vaccination avec un vaccin fragmenté non adjuvé est recommandée, à raison de 2 doses à 3 semaines d’intervalle.
La vaccination avec un vaccin adjuvé n’est pas recommandée.

Les stratégies alternatives sont les suivantes :
Si le vaccin fragmenté non-adjuvé est indisponible, il faudra recourir à la vaccination de l’entourage.
S’il existe une contre-indication absolue à la vaccination en raison d’une allergie, la vaccination de l’entourage devra être envisagée.

L’organisation de la campagne de vaccination

Selon un calendrier reposant sur le degré de priorité arrêté par le Premier ministre chaque personne doit recevoir de la part de l’Assurance maladie, un courrier de la ministre de la santé, l’invitant à se faire vacciner.

Les premiers courriers sont déjà arrivés dans les boîtes aux lettres pour une ouverture des centres qui a débuté le 12 novembre.

Cette invitation précise les modalités pratiques de la vaccination et notamment le lieu où elle sera effectuée (en règle générale, en centre de vaccination dédié). Cette invitation comportera, au verso, un bon de vaccination à présenter le jour de la vaccination. Ce bon servira à garantir la traçabilité de la campagne vaccinale.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande pour les personnes atteintes de dysfonctionnement du système immunitaire souhaitant se faire vacciner en centre de vaccination, de prendre au préalable contact avec les équipes médicales qui les suivent. Ces personnes seraient idéalement vaccinées par ces équipes elles-mêmes, au sein de l’hôpital où elles sont suivies.

Source :
- sante-sports.gouv.
- sante-sports.gouv : Organisation de la campagne de vaccination contre le nouveau virus A (H1N1)2009
- AFSSAPS



[1] ASO3 est constitué de squalènes qui sont des substances lipidiques naturelles. Il a été testé sur plus de 30 000 volontaires dans les essais H5N1, grippe saisonnière, H1N1, malaria. ;

[2] Le MF59 est constitué de squalènes qui sont des substances lipidiques naturelles. IL a déjà été utilisé dans le vaccin Gripguard@, utilisé depuis 1997 dans plus de 45 millions de doses.

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