Rapport 2010 de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale de VIH/sida

Publié le 02.12.2010 | par Patricia Fener

Le nouveau rapport 2010 du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) montre que le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH diminue, de même que le nombre de décès liés au sida, contribuant à stabiliser la population des personnes vivant avec le VIH. Cette évolution favorable de l’épidémie de VIH/sida répond à la cible 6A des objectifs du Millénaire pour le développement. L’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée avec 69% de l’ensemble des nouvelles infections à VIH et dans sept pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, on déplore une augmentation de 25%.

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VIH/sida, ONUSIDA, rapport 2010 ; UNAIDS

Un recul d’environ 20% en dix ans du nombre des nouvelles infections à VIH et de près de 20 % des décès liés au sida sur les 5 dernières années
Les estimations fin 2009 étaient les suivantes :
- 33,3 millions [31,4 millions–35,3 millions] de personnes vivant avec le VIH à travers le monde ;
- 2,6 millions [2,3 millions–2,9 millions] de personnes nouvellement infectées par le VIH ;
- 1,8 million [1,6 million–2,1 millions] de décès consécutifs à des maladies liées au sida.

L’efficacité des programmes de prévention
Des résultats significatifs ont été obtenus dans plusieurs pays fortement touchés par le VIH grâce à :
- une augmentation significative de la disponibilité et de l’utilisation du préservatif ;
- l’adoption chez les jeunes de comportements sexuels à moindre risque.

Il ressort de cette étude que des efforts sont à entreprendre pour améliorer le taux d’accès aux services de prévention du VIH, y compris aux programmes de réduction des risques destinés aux personnes qui consomment des drogues injectables. De même, le recours à la circoncision demeure faible au niveau de la population des pays les plus touchés.

Un rythme de nouvelles infections à VIH qui reste supérieur à celui de la mise sous traitement dans des proportions de 2 pour 1
Ceci s’explique par des investissements encore insuffisants dans la prévention (22% des dépenses allouées à la lutte contre le VIH/sida dans les pays à revenu faible ou intermédiaire).

Une diminution de la mortalité liée au sida
Cette diminution a été possible grâce à un élargissement de l’accès aux traitements antirétroviraux (multiplié par sept et demi sur les cinq dernières années) et à une augmentation de l’espérance de vie.

Des efforts restent à faire en ce qui concerne l’accès au traitement car 10 millions de personnes sont en attente, ce qui représente près de deux fois le nombre de personnes sous traitement. De même, les délais de mise sous antirétroviraux doivent être raccourcis car, en Afrique subsaharienne notamment, ce facteur limite l’impact des programmes de lutte contre le VIH.

Une prévention efficace de la transmission mère-enfant
Les programmes de prévention de la transmission du VIH d’une femme enceinte à son enfant ont permis une diminution du nombre total de nouveaux-nés séropositifs. Leur nombre était estimé à 370.000 en 2009, ce qui correspond à une baisse de 24% en cinq ans.

Les progrès les plus importants ont été constatés en Afrique subsaharienne, avec une chute de 32% des nouvelles infections à VIH.

Quatorze pays sont responsables de plus de 80% de l’insuffisance de la couverture des services de prévention de la transmission mère-enfant.

Un manque de respect des droits humains
Pour la majorité des pays, la question des droits de la personne fait partie intégrante des programmes de lutte contre le sida, avec notamment des efforts de réduction de la stigmatisation et de la discrimination.

Malheureusement, certains pays appliquent encore des lois punitives entravant l’accès aux services en rapport avec le VIH :
- Soixante-dix-neuf pays condamnent les rapports sexuels entre personnes de même sexe et 6 sanctionnent ce comportement par la peine de mort.
- La majorité des pays de la région Asie-Pacifique ont des lois qui font obstacle aux droits des personnes vivant avec le VIH.

Une diminution des investissements internationaux et une insuffisance des financements nationaux
Avec 15,9 milliards de dollars US alloués à la riposte au sida en 2009, l’ONUSIDA estime que 10 milliards de plus seraient nécessaires pour parvenir aux objectifs fixés.

Les financements provenant de sources internationales se réduisent avec, en 2009, des montants décaissés inférieurs à ceux de 2008. Les conséquences de cette réduction des fonds internationaux vont se faire sentir surtout dans les pays à revenu faible.

Un nouvel indice des priorités en matière d’investissements intérieurs, élaboré par l’ONUSIDA, montre que les investissements propres de certains pays sont insuffisants pour pérenniser et élargir leur lutte contre le VIH/sida :
- la disponibilité des ressources publiques de 30 pays d’Afrique subsaharienne pourrait leur permettre d’engager des montants supérieurs à ceux actuellement alloués ;
- certains pays en développement qui ont maintenant une économie solide, seraient capables de couvrir une partie de leurs besoins et de ne plus dépendre totalement des fonds internationaux.

A un moment où l’on constate un enrayement de la propagation de l’épidémie de VIH, il devient indispensable de pérenniser les efforts de prévention, d’accès au traitement, de financements internationaux, d’améliorer le respect des droits humains et de responsabiliser les pays dans leur participation financière à la riposte contre le sida.



Source :
-  UNAIDS  : 2010 report

Pour en savoir plus :
-  OMS  : Droits de l’homme – un enjeu majeur de l’action mondiale contre le VIH
-  OMS  : Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

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