Rapports bucco-génitaux et cancers oro-pharyngés

Publié le 22.02.2011 | par Patricia Fener

Lors de la conférence annuelle de l’Association américaine pour la promotion de la science qui se tenait à Washington, du 19 au 20 février 2011, la forte présomption de causalité entre les rapports bucco-génitaux et certains cancers oro-pharyngés a été évoquée avec mise en cause du papillomavirus humain de type 16.

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Human papillomavirus, cancers oropharyngés ; Wikimedia commons

La majorité des cancers de la sphère oro-pharyngée sont des carcinomes à cellules squameuses causés par une infection à papillomavirus humain
Le Dr Maura Gillison, professeur de médecine à l’Université d’Ohio (nord), a présenté ses travaux qui tendent à montrer que le fait d’avoir des rapports bucco-génitaux avec plus de six partenaires dans sa vie, multiplie par huit au moins le risque d’avoir un cancer oro-pharyngé. Ce risque est dû à la transmission du papillomavirus (PVH) de génotype 16 qui a un potentiel oncogène et que l’on retrouve dans les cellules tumorales. Les personnes infectées auraient un risque de cancer de la bouche et de la gorge 32 fois supérieur à celui du reste de la population.

Des études observationnelles qui doivent être confirmées par d’autres recherches statistiques
La progression de ces cancers oro-pharyngés semble la plus rapide chez les jeunes hommes blancs.
Aux Etats-Unis, la progression a été de 225% de 1974 à 2007 dont une grande partie chez des personnes pratiquant la fellation ou le cunnilingus. Les enquêtes montrent que les jeunes voient la fellation comme moins risquée que l’acte sexuel conventionnel.

Une vaccination contre le papillomavirus pour les hommes également ?
Suite à ces constatations, le Dr Maura Gillison discute l’intérêt d’une vaccination pour les hommes qui protègerait contre quatre souches de papillomavirus. La vaccination des garçons favoriserait en effet l’interruption de la transmission, car ils constituent un réservoir des PVH génitaux. Cependant, la persistance d’inconnues scientifiques sur la valeur protectrice du vaccin chez le garçon et sur la prévention éventuelle du portage rend difficile actuellement l’évaluation du rapport coût-efficacité.

Le risque absolu de développer un cancer bucco-pharyngé reste faible mais différentes études montrent que le statut positif de la tumeur à PVH est un des plus mauvais facteurs pronostiques de survie parmi les patients atteints de cancers orop-haryngés.


Source :
- Gillison M.  HPV and Its Effect on Head and Neck Cancer Prognosis . Clin Adv Hematol Oncol. 2010 Oct ;8(10):680-2.
- Song AV, Halpern-Felsher BL. Predictive Relationship Between Adolescent Oral and Vaginal Sex : Results From a Prospective, Longitudinal Study. Arch Pediatr Adolesc Med. 2010 Nov 1. [Epub ahead of print]
- Ang KK, Harris J, Wheeler R et al. Human papillomavirus and survival of patients with oropharyngeal cancer . NEJM. 2010 ; 363 : 24-35.

A ne pas manquer :
-  Conférence de l’institut Pasteur  : Le papillomavirus peut donner le cancer ; Paris, le 8 mars 2011

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