Résultat encourageant pour le vaccin préventif de l’infection à VIH/sida

Publié le 25.09.2009 | par Claire Criton

Un vaccin expérimental, combinant deux vaccins antérieurs (l’Alvac HIV de Sanofi Pasteur et l’Aidsvax de VaxGen ) réduirait d’un tiers le risque d’infection par le virus VIH. C’est la première fois qu’un effet protecteur est obtenu lors d’un essai de vaccination.

Rappel

Depuis que le virus a été identifié en 1983, les espoirs suscités par la recherche ont souvent été déçus et les travaux sur un vaccin n’ont encore jamais débouché sur la commercialisation d’un produit. Les traitements actuels permettent seulement de contrôler la multiplication du virus et d’empêcher sa prolifération. Dix-neuf vaccins sont actuellement en essai de phase II ou III, la dernière avant une éventuelle mise sur le marché.

Les vaccins utilisés

Ce vaccin prometteur est en réalité une combinaison de deux vaccins antérieurs avec un effet "amplificateur primaire". Le premier vaccin attaque d’abord le VIH et le second vient renforcer cette attaque.

Il s’agit de l’ALVAC, mis au point par la division vaccin du laboratoire français Sanofi-Aventis, et du AIDSVAX, mis au point à l’origine par VaxGen.

- L’ALVAC utilise le virus altéré de la variole du canari (canarypox) pour transplanter les versions de synthèse de trois gènes du VIH dans le corps.
- L’AIDSVAX contient une version génétiquement modifiée d’une protéine présente à la surface du VIH.

Ces vaccins ne sont pas fabriqués à partir du virus complet -virulent ou inerte- et ne peuvent pas transmettre le VIH. Les précédents essais cliniques menés avec ces deux produits séparément ont fait la preuve de leur innocuité mais pas de leur efficacité.

L’essai clinique vaccinal

L’essai de phase III RV144 a été construit pour tester l’efficacité d’une stratégie dite de primovaccination/rappel (prime-boost) qui consiste très schématiquement à utiliser deux vaccins différents lors de la primo-injection et du rappel. L’objectif de cette stratégie est d’obtenir une meilleure immunité cellulaire dirigée contre le VIH en évitant notamment de perdre en efficacité du fait d’une immunisation vis-à-vis du vecteur d’antigènes du VIH.

Deux vaccins expérimentaux, ALVAC® HIV de Sanofi Pasteur et AIDSVAX® B/E de GSID o,nt été utilisés. L’essai a été menée par le ministère thaïlandais de la santé publique et financée par l’Armée américaine et la division sida des National Institutes of Allergy and Infectious Diseases (NIAID).

L’étude a testé durant six ans cette combinaison sur plus de 16.000 Thaïlandais séronégatifs hétérosexuels, des hommes et femmes âgés de 18 à 30 ans avec un risque moyen d’être infecté.
La moitié de ces volontaires ont d’abord reçu quatre doses d’ALVAC puis deux doses d’AIDSVAX sur une période de six mois. L’autre moitié a reçu des placebos. Tous ignoraient tout de la nature des injections jusqu’à la fin de l’étude dont les participants ont été suivis pendant trois ans après la vaccination.
Tous ont reçu des préservatifs, des conseils et des traitements pour toutes les infections sexuellement transmissibles et subissaient un test de dépistage du VIH tous les six mois.

Parmi les 8.197 volontaires ayant reçu la combinaison de vaccins, 51 ont été infectés ; parmi les 8.198 à qui on a administré un placebo, 74 ont été infectés.

La réduction du risque d’infection dans le groupe des vaccinés a été de 31%.

A côté de l’efficacité préventive, ce protocole vaccinal n’a pas permis de réduire la charge virale des sujets qui se sont infectés malgré la vaccination. Chez les personnes infectées, la charge virale (quantité de virus dans le sang) est restée la même, qu’elles aient ou non été vaccinées. Alors qu’on pouvait s’attendre à ce que le vaccin fournisse une protection partielle contre le VIH et fasse baisser cette charge virale.

Il reste donc encore aux chercheurs à comprendre comment la vaccination a agi et quels types d’anticorps elle a permis de produire

Sanofi a précisé que les résultats complets de l’essai de phase III seront présentés lors de la conférence internationale AIDS Vaccine 2009 qui se tiendra à Paris le 20 octobre prochain.

Conclusion

Bien que modeste, la réduction du risque d’infection par le VIH serait statistiquement significative. Ces résultats sont modestes et ne permettent absolument pas de dire que l’on dispose d’un vaccin contre le sida. Ils représentent une lueur dans la recherche vaccinale contre le VIH mais la problématique du vaccin contre le sida est encore loin d’être résolue.
Il reste maintenant à mettre au point et à tester un vaccin qui puisse être homologué et utilisé à l’échelle mondiale. Cependant, il est possible que cette combinaison vaccinale, élaborée à partir de souches virales circulant en Thaïlande, n’ait pas la même efficacité ailleurs. En effet les souches présentes en Thaïlande sont très proches alors qu’en Afrique la diversité génétique des souches de VIH est très grande.
Ce résultat suggère que si une solution efficace est mise au point un jour, elle regroupera plusieurs sérums.

Dans la presse scientifique :

- Jim du 24 septembre

- MHRP

- http://www.avac.org/

- http://tinyurl.com/krq7kr

- http://www3.niaid.nih.gov/topics/HI...

- nouvelobs

Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu