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Résultats de l’enquête Coquelicot 2004-2007 sur l’hépatite C, le VIH et les pratiques à risques chez les consommateurs de drogues

Publié le 08.12.2008 | par Patricia Fener

L’InVS (Institut de veille sanitaire) vient de publier les résultats de l’Enquête Coquelicot 2004-2007. Cette enquête, à laquelle 1.462 personnes ont participé, a permis de décrire la situation et les besoins des usagers de drogues en France vis-à-vis des virus du sida et des hépatites afin d’améliorer la prévention et la prise en charge de ces maladies.

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Il ressort de cette étude Coquelicot que :
- 60% des usagers de drogues sont contaminés par le virus de l’hépatite C ;
- 11% sont contaminés par le VIH et par le virus de l’hépatite C ;
- plus les usagers de drogues sont âgés, plus ils sont nombreux à être contaminés par le virus de l’hépatite C mais il apparaît que 30% des moins de 30 ans sont déjà infectés ;
- la proportion de personnes infectées par le virus de l’hépatite C est très élevée dans toutes les villes de France puisque 2 usagers de drogues sur 5 sont concernés, avec un maximum de cas à Marseille et Paris et un minimum à Lille ;
- les consommateurs de substances psychoactives par injection ou inhalation méconnaissent leur statut vis à vis de l’hépatite C et du VIH puisque 27% pensent être négatifs au virus de l’hépatite C mais sont positifs. Ils sont 2% pour le VIH ;
- 9 usagers sur 10 ont déjà effectué un test de dépistage de l’hépatite C ;
- l’hépatite C est perçue comme une maladie grave chez 92% des usagers mais 77% estiment qu’il y a des traitements efficaces ;
- pour 42% des usagers de drogues, les modes de transmission de l’hépatite C sont imparfaitement connus, notamment les risques encourus lors du partage du petit matériel (récipient/cuillère, coton, eau...) ;
- il existe une méconnaissance des risques de transmission des virus lors de la réutilisation de sa propre seringue, le partage de la pipe à crack ou de la paille de sniff.

L’analyse de ces résultats a permis l’élaboration de recommandations de santé publique à l’intention des usagers de drogues.

Il faut rappeler les principaux modes de transmission du virus de l’hépatite C. Il se transmet essentiellement par voie sanguine.

- La transmission par contact avec le sang
Le contact avec le sang d’une personne atteinte par le VHC est le mode de transmission le plus fréquent, résultant principalement de deux situations :

  • La transfusion de sang ou de ses dérivés (albumine, plasma, gammaglobulines…) pratiquée avant 1991 (date à partir de laquelle la mise au point d’un test suffisamment précis a permis le dépistage systématique des donneurs de sang). Aujourd’hui, ce mode de transmission est extrêmement faible.
  • L’usage de drogue par voie intraveineuse avec partage des seringues et/ou partage du matériel de préparation. Cette pratique est actuellement le mode de contamination le plus fréquent pour l’hépatite C. L’usage de drogue par voie nasale est probablement aussi un mode de contamination par le partage d’une même paille.

- La transmission par voie sexuelle
Le risque de transmission du VHC par voie sexuelle est très faible, qu’il s’agisse de rapports hétérosexuels ou homosexuels.

- La transmission de la mère à l’enfant
Le risque de transmission du virus de l’hépatite C de la mère à l’enfant est de 2,5 à 8 % selon les études. La transmission du virus de l’hépatite C a lieu très probablement lors de l’accouchement, qu’il s’agisse d’un accouchement naturel ou d’une césarienne.

- Autres modes de transmission
Actuellement, dans 30 % des cas, le mode de contamination n’est pas clairement établi. Certaines situations ont pu exposer à un risque de contamination par le virus de l’hépatite C par l’intermédiaire d’un instrument souillé de sang contaminé et insuffisamment désinfecté : tatouage, surtout non professionnel ; piercing ; acupuncture ; mésothérapie ; hospitalisation comportant des actes potentiellement à risque (on parle, dans ce cas, de risques nosocomiaux, par exemple lors d’un acte de chirurgie ou lors d’une endoscopie, surtout avant 1990).

Le virus de l’immunodéficience humaine quant à lui, se transmet :

- par le sang ;

- par certains fluides corporels tels que le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel.

Il ressort de l’Enquête Coquelicot qu’il reste plus que jamais nécessaire de renforcer l’accès au dépistage des usagers de drogues, d’optimiser leur prise en charge et de réduire les nouvelles contaminations en améliorant les connaissances de cette population sur les situations à risques.

Source :
- InVS

Pour en savoir plus :
- Programme national de lutte contre l’hépatite C

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