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Rôle de l’état nutritionnel et des facteurs sociaux lors de l’introduction du traitement antirétroviral chez les sujets VIH+

Publié le 16.12.2010 | par Patricia Fener

Une nouvelle étude tend à montrer que l’indice de masse corporelle et le taux d’hémoglobine sont des facteurs pronostics majeurs et indépendants, lors de l’introduction du traitement antirétroviral, chez les sujets infectés par le VIH vivant dans des pays en voie de développement.

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VIH, état nutritionnel ;Wikimedia commons

Une étude rétrospective et descriptive fondée sur l’analyse de la base de données de suivis des patients du Centre de traitement ambulatoire du VIH de Sihanoukville (Cambodge)
Portant sur une période allant de décembre 2004 à juillet 2007, cette étude a évalué l’impact de l’indice de masse corporelle (IMC) et de facteurs sociaux tels que l’illettrisme, l’isolement social, le niveau d’étude et l’activité professionnelle sur le pronostic de 1010 patients infectés par le VIH démarrant un traitement antirétroviral.

Impact de l’indice de masse corporelle (IMC) et des facteurs sociaux sur le pronostic vital
Une analyse bivariée (Kaplan Meier) et multivariée par modèle de Cox (résultats exprimés en HR ± IC95 %) a permis de préciser les caractéristiques de cette population :
- un âge moyen de 40,4 ± 7,9 ans avec 49,9 % d’hommes ;
- une durée médiane de suivi de 2,4 années (IQR : 1,6-3,5) ;
- un taux médian de CD4 avant traitement de 83 par millilitre (IQR : 23-182), avec 80 % de patients au stade OMS 3 ou 4 ;
- un IMC inférieur à 16 pour 11,2 % des patients,
un IMC compris entre 16 et 18 pour 21,6 %,
un IMC compris entre 18 et 20 pour 30,8 %,
un IMC supérieur à 20 pour 36,4 % ,
les HR (multivariés) étaient respectivement de 4,6 (IC95 % : 2,2-9,3), 2,1 (1,0-4,3), 1,8 (0,9-3,6) par rapport à la classe de référence (IMC supérieur à 20) ;

Le taux d’hémoglobine était un facteur pronostic indépendant (HR = 0,89 IC95 % : 0,82-0,98 par gramme d’hémoglobine supplémentaire).

L’étude des facteurs sociaux en analyse univariée n’était pas significativement associée à une mortalité accrue (p < 0,05).

Devant l’importance pronostique de l’indice de masse corporelle et du taux d’hémoglobine lors de l’introduction du traitement antirétroviral, la renutrition apparaît donc fondamentale dans les pays en voie de développement chez les sujets infectés par le VIH. Par contre, les facteurs sociaux pris en compte dans cette étude ne semblent pas significativement associés au pronostic vital.


Source :
- Rôle pronostic de l’état nutritionnel et impact des facteurs sociaux à l’introduction d’un traitement antirétroviral (ARV) chez les patients vivant avec le VIH
X. Argemi, N. Lefebvre, S. You, C. Courpotin, D. Christmann, Y. Hansmann, S. Dara
Médecine et maladies infectieuses, 2010, n°40, p.48

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