Rôle des monocytes MDC-8 dans l’hyperactivation chronique des patients VIH+

Publié le 13.08.2012 | par Patricia Fener

Une collaboration entre l’équipe du Dr. Anne Hosmalin de l’Institut Cochin et d’autres équipes de l’INSERM, de l’Institut Pasteur et de l’AP-HP, a conduit à l’identification d’une sous-population de monocytes particulièrement impliquée dans l’hyperactivation du système immunitaire et de la réplication du VIH.

L’infection par le VIH conduit à une hyperactivation chronique du système immunitaire impliquant les cytokines inflammatoires dont le TNF alpha

L’infection par le VIH entraîne la destruction des lymphocytes T CD4 qui, au niveau de l’intestin, sont activés par le voisinage des bactéries intestinales. Ce processus conduit à une moindre protection avec fragilisation de la paroi intestinale qui laisse alors passer dans le sang des produits bactériens comme le lipopolysaccharide (LPS), induisant une hyperactivation du système immunitaire, avec la production de cytokines inflammatoires comme le TNF alpha (Tumor Necrosis Factor α), qui à leur tour induisent davantage d’activation des lymphocytes T CD4.

Ces phénomènes constituent un cercle vicieux difficile à contrôler par les antirétroviraux même lorsqu’ils sont efficaces sur la charge virale plasmatique.

Mise en évidence d’une sous-population de monocytes particulièrement impliquée dans l’hyperactivation du système immunitaire et de la réplication du VIH

Les différentes cellules myéloïdes productrices de cytokines inflammatoires en réponse au LPS ont été comparées par cytométrie en flux dans 3 groupes de sujets : 1) 15 patients virémiques non traités (présence du virus dans le sang) ; 2) 8 sujets soumis à un traitement antirétroviral (avec absence de virus dans le sang) ; 3) 13 donneurs de sang sains.

Les patients avec une charge virale détectable dans leur plasma avaient une plus forte réponse de leurs cellules sanguines au LPS que ceux sous antirétroviraux qui n’avaient plus de VIH dans leur plasma.

Il apparait qu’une petite population de monocytes porteurs de la molécule MDC-8 était plus abondante chez ces patients et qu’elle était la principale responsable de la production exagérée de TNF-α en réponse au LPS. Ces cellules sont déjà connues pour leur implication dans la pathogenèse de maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn.

Il semble donc que la population de monocytes MDC-8 soit un acteur majeur dans l’hyperactivation immunitaire responsable de la progression de l’infection à VIH.

Les auteurs proposent d’améliorer l’efficacité des traitements antirétroviraux actuels par l’injection d’anticorps spécifiques des monocytes MDC-8 visant à les détruire. Cette stratégie thérapeutique permettrait de rompre le cercle vicieux "hyperactivation du système immunitaire-réplication virale du VIH".


Source

1. Dutertre C-A, Amraoui S, Derosa A, et al. Pivotal role of M-DC8+ monocytes from viremic HIV-infected patients in TNFα over-production in response to microbial products. Blood. 2012. Available at : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/.... Consulté août 13, 2012.
2. Institut Cochin. Un espoir d’amélioration des traitements antiviraux pour les patients infectés par le virus du SIDA. Available at : http://cochin.inserm.fr/l_actualite....

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