Rompre l’isolement de la femme séropositive au VIH par l’éducation collective

Publié le 12.10.2009 | par Patricia Fener

Suite aux témoignages de patientes séropositives sur la difficulté de vivre avec le VIH face à l’isolement, l’équipe du Service des Maladies Infectieuses et du Voyageur de l’Hôpital G. Dron de Tourcoing (France) a mis en place des rencontres avec ces patientes afin de réaliser des séances d’éducation collective.

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Wikimedia commons

Sur les 58 jeunes femmes de moins de 30 ans suivies dans le Service, 15 se sont montrées intéressées par le projet et 7 y ont participé.

Une première rencontre a permis de répertorier les besoins des femmes et de les hiérarchiser afin de définir le contenu des séances d’éducation. Le but de ces réunions étant de favoriser l’expression de la parole entre ces personnes séropositives et de partager leur expérience de la maladie.

Les trois premiers thèmes choisis ont été :
- La peur de contaminer l’autre ;
- Est-ce que je peux pardonner à celui qui m’a contaminée ;
- Les enfants, la grossesse, les risques.

Les autres thèmes intéressant les jeunes femmes étaient les suivants :
- Le côté tabou de la maladie, l’injustice, à qui en parler, le regard des autres la culpabilité… ;
- Je l’aime comment lui dire ;
- Les traitements, difficultés, effets indésirables ;
- La qualité de vie avec la maladie (projets, sport…) ;
- Le vécu de l’annonce du diagnostic ;
- La relation soignant-soigné (comment parler au médecin, les dentistes…) ;
- L’information, où se renseigner ? Internet, les associations…

Les méthodes pédagogiques ont été diverses et variées en fonction des thèmes. Une évaluation a été faite pour chaque séance et un questionnaire final a permis d’analyser l’intérêt du groupe.

L’analyse des réponses fournies par les patientes a montré que le groupe avait atteint l’objectif de rompre l’isolement lié à la maladie en permettant le partage d’expériences entre les pairs. Il est indéniable que la prise de conscience des similarités entre certaines histoires et vécus de maladie permet une relative mise à distance des difficultés inhérentes à celle-ci. Ces échanges conduisent à une sorte de partage de la douleur.

L’équipe du Service des Maladies Infectieuses et du Voyageur de l’Hôpital G. Dron de Tourcoing (France) a privilégié le côté éducatif du groupe mais il conclut qu’il existe beaucoup d’autres réponses au problème de l’isolement…

Dans la presse scientifique :
- Isolement de la femme séropositive : une réponse possible l’éducation collective
M.-P. Pennel, S. Prêtre, M. Delattre, C. Ringot, J. Pelta, Y. Yazdanpanah
Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 39, Supplement 1, June 2009, Page S72

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