Selon l’OMS, quatre millions de séropositifs ont accès aux antirétroviraux

Publié le 30.09.2009 | par Patricia Fener

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de publier un nouveau rapport intitulé "Vers un accès universel : étendre les interventions prioritaires liées au VIH/sida dans le secteur de la santé". On y apprend que plus de quatre millions de personnes infectées par le VIH recevaient fin 2008 un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ce chiffre représente une augmentation de 36 % par rapport à 2007 et une multiplication par dix sur cinq ans du nombre de patients bénéficiaires. C’est en Afrique subsaharienne, région du monde la plus touchée par l’épidémie de VIH que les progrès ont été les spectaculaires.

La lecture de ce document permet de dégager quelques points importants.

L’amélioration de l’accès aux antirétroviraux et au dépistage

Cet élargissement de l’accès aux antirétroviraux dans le cadre de l’infection à VIH a été possible grâce à la baisse des prix de ces médicaments, notamment pour les traitements de première intention qui ont baissé de 10 % à 40 % entre 2006 et 2008.
De ce fait, 42 % des 9,5 millions de personnes touchées par le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont pu y avoir accès en 2008, contre 33 % en 2007. C’est en Afrique subsaharienne, où surviennent les deux tiers des infections à VIH, que l’on a constaté les plus grands progrès.

Il apparaît également que la disponibilité des services de conseil et de dépistage du VIH s’améliore puisque dans 66 pays, le nombre d’établissements de santé qui proposent ces services a augmenté d’environ 35 % entre 2007 et 2008.
Cette amélioration permet de mieux faire face à la demande croissante de dépistage de l’infection à VIH. Le rapport montre que dans 39 pays, le nombre total de tests de dépistage du VIH effectués a plus que doublé entre 2007 et 2008. Toutes régions confondues, 93 % des pays ayant rapporté des données proposaient en 2008 le dépistage gratuit du VIH dans les établissements de santé du secteur public.

Malheureusement trop de personnes contaminées par le VIH ignorent encore leur statut sérologique par méconnaissance des risques d’infection ou par crainte de la stigmatisation et de la discrimination.

Des progrès en ce qui concerne la prévention de la transmission mère-enfant

En 2008, l’accès des femmes et des enfants aux services de prise en charge du VIH s’est amélioré.
En effet, environ 45 % des femmes enceintes séropositives pour le VIH ont bénéficié d’un traitement antirétroviral pour éviter la transmission du VIH à l’enfant ; elles étaient 35 % en 2007.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 21 % des femmes contre 15 % en 2007, ont bénéficié d’un dépistage du VIH lors de leur grossesse.
Les associations d’antirétroviraux sont plus efficaces pour réduire la transmission mère-enfant du VIH qu’un seul médicament. En 2008, environ 31% des femmes enceintes séropositives dans 97 pays ayant transmis des données ont continué de prendre des schémas thérapeutiques à dose unique, contre 49% en 2007. Néanmoins, ces chiffres sont fondés sur des données nationales limitées.
Les femmes adultes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire sont plus nombreuses que les hommes à avoir accès aux antirétroviraux : en 2008, les femmes représentaient 55% des patients qui avaient besoin d’un traitement antirétroviral et 60% de ceux qui l’avaient obtenu.

Davantage d’enfants bénéficient de programmes pédiatriques de traitement antirétroviral : le nombre de moins de 15 ans ayant reçu un tel traitement est passé d’environ 198 000 en 2007 à 275 700 en 2008, soit 38 % de ceux qui en avaient besoin.

Des améliorations à apporter pour renforcer la prévention et le traitement du VIH chez les populations les plus exposées

Dans le monde, le principal facteur de l’épidémie de VIH/sida est la transmission sexuelle, suivie de la consommation de drogues injectables.

En 2008, on a disposé de davantage de données sur l’accès aux services de prise en charge du VIH des populations fortement exposées au risque d’infection, notamment les prostitué(e)s, les hommes homosexuels et les consommateurs de drogues injectables.

Si les interventions permettant de lutter contre le VIH s’étendent à certains endroits, les groupes les plus à risque continuent de se heurter à des obstacles techniques, juridiques et socioculturels pour bénéficier de soins de santé.

Source :
- OMS

A consulter le rapport de situation de septembre 2009 :
VERS UN ACCÈS UNIVERSEL Étendre les interventions prioritaires liées au VIH/SIDA dans le secteur de la santé

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