Semaine nationale de lutte contre le cancer

Publié le 17.03.2009 | par Patricia Fener

La Semaine nationale de lutte contre le cancer a débuté le 16 mars. Organisée par les 103 Comités départementaux de la Ligue nationale contre le cancer, elle sera consacrée cette année à la promotion de l’activité physique, avec comme slogan : « Contre le cancer, faut se bouger ! ».

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Un guide a été conçu pour apporter au grand public une information complète et pratique sur l’activité physique comme moyen de prévention de plusieurs cancers. Christophe Pinna, karatéka français, champion de France d’Europe et du monde de karaté, y donne des exemples d’exercices simples, accessibles pour tous, à pratiquer régulièrement.

Les cancers les plus fréquents chez l’homme et la femme sont respectivement le cancer de la prostate et le cancer du sein. Ils représentent à eux seuls plus de 80 000 nouveaux cas estimés en 2000 en France selon l’étude de Remontet publiée en 2003. Ils sont suivis en terme de fréquence par le cancer du poumon et du côlon chez l’homme et dans l’ordre inverse chez la femme.

La prévention de la survenue de ces différents types de cancers représente un véritable enjeu de santé publique où l’activité physique pourrait jouer un rôle important. En effet, de nombreuses études montrant une association entre prévention de certains cancers et activité physique ont été publiées ces dernières années, en particulier pour les cancers du côlon, du sein, du poumon et de la prostate. Des études recherchant une association sont en cours pour d’autres localisations. Par ailleurs, des travaux suggèrent des effets bénéfiques de l’activité physique chez des patients atteints de cancer en accompagnement du traitement.

En ce qui concerne le cancer du sein, l’étude E3N menée depuis 1990 et qui a porté sur 100 000 françaises, révèle que la pratique d’une activité physique soutenue (jogging, aquagym, sports collectifs, marche avec dénivelé...) au moins 5 heures par semaine, entraîne une baisse moyenne de 38% du risque de développer un cancer du sein. Sur 23 études ayant recherché un effet dose-réponse, 20 ont établi qu’une augmentation du niveau d’activité physique était associée à une diminution du risque. Une activité physique soutenue se traduit par une augmentation des fréquences respiratoire et cardiaque et par une transpiration.

De nombreuses études ont mis en évidence qu’une activité physique pratiquée régulièrement engendrait une diminution de 40% à 50% du risque de développer un cancer du côlon.
Les résultats de la cohorte européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) incluant 413 044 hommes et femmes ont confirmé la réduction du risque de cancer du côlon de 20 à 25 %, en particulier sur les tumeurs du côté droit et chez les sujets présentant un poids normal (35 %) pour les sujets pratiquant une activité physique régulière.
Cette réduction du risque est également observée dans les populations en surpoids et chez les sujets obèses.
Cette diminution du risque engendrée par l’activité physique s’expliquerait par l’augmentation de la motilité intestinale qui entraîne une réduction du temps de transit, donc du temps de contact des cancérogènes et du contenu fécal avec la muqueuse colique.
Une autre conséquence de l’exercice physique serait l’augmentation des prostaglandines PGF qui inhibent le développement des cellules coliques et augmentent la motilité intestinale.

Ces résultats sont encourageants et nous montrent que ce moyen simple de prévenir les cancers les plus fréquents chez l’homme et la femme est à la portée de tous et qu’il s’agit juste de se motiver pour modifier nos comportements quotidiens : marcher au lien de prendre la voiture, prendre les escaliers au lieu de l’ascenceur, profiter de toutes les occasions pour bouger.

Source :
- La ligue

Pour en savoir plus :
- Inserm : "Activité physique : Contextes et effets sur la santé"

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