Sida et ostéoporose : ostéonécroses multiples chez un patient infecté par le VIH

Publié le 29.02.2012 | par Claire Criton

Les ostéopathies fragilisantes sont fréquentes au cours de l’infection à VIH. Chez les patients présentant des antécédents d’ostéonécrose périphérique, et qui développent des fractures vertébrales de compression, le diagnostic d’ostéonécrose vertébrale devra toujours être évoqué.

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Ostéonécrose et sida Wikimedia commons ; GNU Free Documentation license

L’ostéonécrose, processus pathologique caractérisé par la mort cellulaire des ostéocytes

Elle est la conséquence d’une inadéquation entre les besoins en oxygène des cellules osseuses et les capacités de la vascularisation locale de répondre à ces besoins

Des infarctus osseux périphériques, étendus et multiples, chez un homme de 43 ans séropositif traité par antirétroviraux

L’infection à VIH avait été découverte à l’âge de 30 ans. Le patient était traité par l’association tenofovir, emtricitabine, lopinavir et ritonavir. La charge virale VIH-1-ARN était indétectable.

Le tableau clinique a débuté par une douleur et un œdème aux deux chevilles. L’IRM a révélé des infarctus osseux étendus et multiples affectant bilatéralement le tibia distal, le calcanéum, le médiatarse et le premier orteil gauche.

Quelques mois plus tard, une douleur et d’une limitation progressive de l’épaule droite ont motivé une nouvelle IRM révélant une ostéonécrose évoluée de la tête humérale.

Apparition d’une insuffisance respiratoire restrictive, dans un contexte de douleurs rachidiennes

L’année suivante, ce patient est hospitalisé pour une infection respiratoire avec difficulté respiratoire.

Il présente également des douleurs dorsales sévères, qui seraient apparues suite à une chute.

Une radiographie du rachis thoracique montre des fractures de compression cunéiformes antérieures dans les corps vertébraux D6, D7 D8 et D9, avec un signe de dissection gazeuse intravertébrale en D8 et D9.

Une tomodensitométrie permet alors le diagnostic d’ostéonécrose vertébrale avec collapsus chronique des plateaux vertébraux supérieurs D1, D4, D10 et D12 et déformation cyphotique importante.

L’imagerie des membres inférieurs montre des fractures multiples au niveau du tarse et des fragments d’os libre dans les articulations tibio-talaires.

Une oxygénothérapie à domicile est mise en place pour pallier à l’insuffisance respiratoire restrictive.

De nombreux facteurs de risque d’ostéoporose dans l’infection à VIH

Les patients infectés par le VIH ont un risque plus élevé d’ostéonécrose en raison d’une prévalence supérieure de facteurs prédisposant à une faible densité minérale osseuse :

  • corticothérapie ;
  • consommation d’alcool ;
  • l’infection VIH en elle-même ;
  • antirétroviraux (ténofovir et inhibiteurs des protéases).

Ce patient présentait un tabagisme important, un alcoolisme chronique, une hépatite C chronique, avait suivi une corticothérapie prolongée et suivait une multithérapie antirétrovirale.

Les ostéonécroses périphériques et vertébrales partagent les mêmes facteurs de risque.

Devant des fractures vertébrales de compression chez un patient séropositif, présentant des antécédents d’ostéonécrose périphérique, il faudra suspecter une ostéonécrose vertébrale.


Source

1. Sifuentes Giraldo WA, Cañamero MB, Elorza EN, Rivera IG, Díaz MV. Présence concomitante d’ostéonécroses vertébrales et périphériques multiples chez un patient VIH+. Revue du Rhumatisme. (0). Available at : http://www.sciencedirect.com/scienc.... Consulté février 29, 2012.

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