TRUVADA® : un espoir de prophylaxie pré-exposition intermittente

Publié le 19.01.2010 | par Claire Criton

Une étude américaine semble prouver qu’une prise orale unique de TRUVADA® encadrant le contact avec le VIH pourrait conférer une protection significative contre l’infection.

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L’intérêt des médicaments anti-VIH dans la prévention de nouvelles infections est exploré par de nombreuses équipes de recherche. Trois grandes pistes sont poursuivies :
- l’administration de médicaments anti-VIH aux personnes séronégatives exposées au risque d’infection ;
- l’appréciation du risque d’infecter par le VIH un partenaire séronégatif lorsque l’on prend un traitement anti-VIH efficace depuis plusieurs mois ;
- des gels à base d’anti-VIH à utiliser lors de rapports sexuels.

Plusieurs essais à travers le monde évaluent l’intérêt de VIREAD® ou de TRUVADA® en prise quotidienne chez des volontaires séronégatifs particulièrement exposés au risque d’infection par le VIH. Cette stratégie est appelée l’IPreP (pour Intermittent Pre Exposure Prophylaxy, la prophylaxie pré exposition intermittente). Si cette stratégie est efficace, il s’agira d’étendre l’accès au traitement à un nombre très important de personnes, en particulier dans les pays ou régions où la prévalence du VIH/sida est élevée.

Truvada

TRUVADA® contient deux principes actifs : l’emtricitabine, inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse, et le ténofovir disoproxil, prodrogue du ténofovir. Le ténofovir est un inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse.
L’emtricitabine et le ténofovir fonctionnent de façon identique en bloquant l’activité de la transcriptase inverse, une enzyme produite par le VIH qui lui permet d’infecter les cellules et de fabriquer plus de virus.

L’étude américaine chez le macaque

TRUVADA® a été administré per os à des groupes de 6 singes macaques, exposés à un virus de l’immunodéficience humain-simien (SHIV) utilisé pour les études animales de la maladie humaine. Le SHIV a été administré par voie rectale, au rythme d’une fois par semaine pendant quatorze semaines.

Une dose orale de TRUVADA® a été donnée un, trois, ou sept jours avant l’exposition, suivie d’une seconde dose deux heures après l’exposition. Ce schéma posologique intermittent a été comparé à une administration quotidienne du médicament.

Résultats

Le traitement intermittent encadrant l’exposition est celui qui a apporté la meilleure protection. En revanche, si la première dose de TRUVADA® est retardée et donnée vingt-quatre heures après l’exposition aucune protection n’est conférée probablement par absence de blocage de la réplication initiale du virus dans la muqueuse.

Conclusion

Ces résultats apportent l’espoir de développer des stratégies prophylactiques chez les humains, assorties d’un bon rapport efficacité/coût. En effet, la protection observée chez les macaques suggère que la prise orale de TRUVADA® encadrant l’exposition au VIH pourrait empêcher la transmission chez l’homme. Deux types de schéma posologique pourraient être envisagés selon les cas : prise à l’occasion d’une exposition ou un schéma d’administration fixe, à raison d’une ou deux doses hebdomadaires, avec une dose de rappel après une exposition au virus.

Dans la presse scientifique :

-  “Intermittent Prophylaxis with Oral Truvada Protects Macaques from Rectal SHIV Infection”  ; J. Gerardo García-Lerma, Mian-er Cong, James Mitchell, Ae S. Youngpairoj, Qi Zheng, Silvina Masciotra, Amy Martin, Zsuzsanna Kuklenyik, Angela Holder, Jonathan Lipscomb, Chou-Pong Pau, John R. Barr, Debra L. Hanson, Ron Otten, Lynn Paxton, Thomas M. Folks, Walid Heneine ; « Science Translational Medicine », 13 janvier 2010, vol. 2, n° 14. ; DOI : 10.1126/scitranslmed.3000391

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