Traitement de la co-infection VIH-tuberculose

Entretien avec le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur général de l’ANRS

Publié le 29.03.2011 | par Patricia Fener

La co-infections VIH-tuberculose, touche 1,5 million de personnes dans le monde.

Selon le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur général de l’ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites) « Jusqu’à 300 000 décès par an pourraient être évités dans le monde grâce au traitement non différé des patients tuberculeux co-infectés par le VIH, à condition que ces patients co-infectés soient très immunodéprimés, c’est-à-dire à moins de 50 cellules CD4 par millimètre cube ».

C’est la conclusion de trois études récentes qui a permis de répondre à la question : faut-il traiter tôt les patients co-infectés par la tuberculose et le VIH, sachant qu’il existe des interactions entre les traitements anti-rétroviraux et les traitements anti-tuberculose, avec un risque d’hyperactivation immunitaire ?

L’analyse des résultats combinés de l’étude CAMELIA, menée par l’ANRS, et de deux autres études présentées au congrès de la CROI 2011 (Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes), fin février à Boston a apporté des réponses.

Tout dépend du niveau d’immunodépression :
- Si les patients co-infectés ont un taux de CD4 supérieur à 50 ou 100 cellules par mm3 , mieux vaut attendre 3 à 4 semaines après la mise sous traitement anti-tuberculose pour débuter le traitement anti-rétroviral.
- Si le patient est très immunodéprimé, la mise sous anti-rétroviraux doit être très précoce, soit deux semaines après l’initiation du traitement anti-tuberculeux. « Le gain de mortalité est alors de 40% », précise le Pr Delfraissy.

Source :

- Impact-sante : Co-infection VIH-tuberculose : traiter tôt en cas d’immunodépression sévère (réservé aux abonnés)

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