Un dépistage plus précoce du VIH/sida et des hépatites grâce au système de permanence d’accès aux soins de santé

Publié le 02.05.2012 | par Claire Criton

Le système de permanence d’accès aux soins de santé (PASS) intégré a évalué la faisabilité d’une procédure de dépistage des hépatites et du VIH ciblant les patients originaires de zones de forte endémie. Cette structure de soins ambulatoires semble une stratégie efficace pour augmenter le nombre de personnes à risque dépistées.

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Lutte contre le sida et système de permanence d’accès aux soins

Les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS)

Ce sont des cellules médico-sociales rattachées aux hôpitaux.

Introduites en France par la loi d’orientation de lutte contre l’exclusion en 1998, les PASS ont pour objectif :
- de faciliter l’accès aux soins et à la prévention (notamment aux dépistages) des personnes en situation de précarité ;
- d’accompagner les personnes en situation de précarité dans les démarches nécessaires à la reconnaissance de leurs droits.

Ces structures permettent aux personnes en situation de précarité de bénéficier d’un accompagnement médico-social personnalisé durant un temps suffisant afin d’intégrer ou de réintégrer le circuit médico-social de tout citoyen.

Inciter au dépistage précoce du VIH les personnes appartenant aux « populations prioritaires »

Les ressortissants d’Afrique subsaharienne, des Antilles françaises et de la Guyane française vivant en France présentent des prévalences élevées d’infection à VIH et d’hépatites.

Ils sont fréquemment dépistés tardivement.

En 2008, parmi les patients consultant en médecine générale à la policlinique de l’hôpital Lariboisière à Paris :
- 40 % étaient nés en Afrique subsaharienne ;
- 23 % étaient nés au Maghreb ;
- 8 % étaient nés sur le sous-continent Indien ;
- 7 % étaient nés au Proche- et Moyen-Orient ;
- 1 % étaient nés en Amérique du Sud

Des recommandations officielles en faveur d’un dépistage plus précoce du VIH

Le programme national de lutte contre le VIH/sida pour 2005–2008 avait pour objectif d’inciter au dépistage précoce les personnes appartenant aux « populations prioritaires ».

En 2009, la haute autorité de santé invitait les dispositifs d’accès aux soins primaires à participer à la mise en œuvre de cette stratégie de dépistage.

Le but était d’offrir selon une fréquence régulière un test de dépistage du VIH à certaines populations (départements français d’Amérique, personnes originaires d’une zone de haute prévalence, comme l’Afrique subsaharienne et les Caraïbes).

Pourquoi un dépistage tardif dans ces populations ?

Le caractère tardif du dépistage serait lié :
- à un défaut d’accès aux soins Les populations à risque seraient en contact avec le système de soins 5,5 à 7 fois avant d’avoir une proposition de test.
- à l’origine étrangère (notamment d’Afrique subsaharienne).

Une étude parisienne sur le dépistage ciblé chez les patients originaires de zones de forte endémie

Un test VIH/virus de l’hépatite B (VHB)/virus de l’hépatite C (VHC) a été proposé aux patients, originaires d’Afrique subsaharienne, des Antilles, de la Réunion et de Guyane, et consultant à la polyclinique de l’hôpital Lariboisière (Paris).

La polyclinique est ouverte de 8 h 00 à 18 h 00, du lundi au samedi inclus, et assure des consultations de médecine générale sans rendez-vous, de traumatologie, une activité de pansements et de prélèvements sanguins. Elle peut prendre en charge les patients en situation de précarité grâce à un système de PASS intégré.

Le test proposé était un test de dépistage « classique », avec rendu différé des résultats.

Cent-soixante-six tests ont été réalisés parmi 272 patients

Une prévalence élevée retrouvée pour les trois viroses dans la population originaire d’Afrique subsaharienne ou des départements d’outre-mer

Les tests réalisés ont montré :
- 1,8 % de séropositivité pour le VIH ;
- 7,8 % de positivité de l’antigène HBs ;
- 49,1 % d’anticorps anti-HBc ;
- 3,6 % de séropositivité pour le VHC.

Le dépistage ciblé dans une structure de soins ambulatoires, une stratégie efficace le plan individuel que collectif

- elle diminue le délai entre la contamination et le dépistage ;
- l’acceptabilité du dépistage est bonne (61 %) ;
- la proportion de personnes testées recevant leurs résultats est excellente (trois quarts des personnes testées reviennent chercher leurs résultats) ;
- elle augmente la proportion de personnes dépistées positives qui ont une prise en charge thérapeutique précoce.


Source

1. Aparicio C, Mourez T, Simoneau G, et al. Faisabilité du dépistage ciblé VIH, VHB, VHC dans une structure de soins ambulatoires avec un système de permanence d’accès aux soins de santé intégré. La Presse Médicale. (0). Available at : http://www.sciencedirect.com/scienc.... Consulté mai 2, 2012.

2. Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS). Available at : http://www.santesocial-ra.org/dispo...

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