Un extrait du thé vert prometteur contre le VIH

Publié le 26.05.2009 | par Claire Criton

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Un nouveau candidat microbicide pourrait voir le jour bientôt dans la lutte contre l’infection à VIH/sida. En effet, l’épigallocatéchine 3 gallate (ECGC) l’un des principaux polyphénols extrait du thé vert, présente des propriétés d’inhibition d’un composé présent dans le sperme et qui lui-même est facteur d’infectivité.

Une fraction de peptide présent dans le sperme humain, dérivée d’une phosphatase acide produite par la glande prostatique et sécrétée en grande quantité dans le sperme augmenterait l’infectivité du VIH. Cette augmentation du pouvoir infectant serait liée à sa capacité à former des structures en feuillet de fibrilles bêta- amyloïdes.

Ces fibrilles, intitulées SEVI (semen derived enhancer of virus infection), capturent le virion et l’attachent à la surface des cellules cibles. Lors des relations sexuelles et en particuliers celles qui comportent une faible charge de virus infectieux, le franchissement de la barrière muqueuse est favorisée.

Il serait donc particulièrement intéressant d’inclure un inhibiteur de SEVI dans la composition d’un microbicide.

Des études récentes ont montré qu’un polyphénol, l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG) inhibe la fibrinogenèse amyloïde. L’EGCG est la principale catéchine du thé vert. Des activités antitumorogenèse, antioxydante, antibactérienne et antivirale lui sont attribuées.

Les différentes manipulations in vitro suggèrent que le polyphénol EGCG cible les fibrilles dérivées des résidus acides aminés provenant de la phosphatase acide prostatique (PAP248-286). L’EGCG empêche la formation des fibrilles et casse les fibrilles déjà existantes, annihilant ainsi leur propriété de favoriser l’infectiosité du VIH. Les chercheurs ont aussi étudié comment l’EGCG affecte l’entrée dans des cellules T préparées par bioluminescence au moment de l’infection.

Le fait que l’EGCG soit très stable en solution acide indique qu’il est possible d’améliorer son pouvoir antirétroviral, précisent les biologistes, car cette situation est similaire à l’environnement vaginal. Enfin, l’EGCG ne semble pas présenter de cytotoxicité.

De précédentes études avaient déjà montré que l’EGCG inhibait l’entrée du VIH par une interaction directe avec les CD4 et/ou la glycoprotéine Env du VIH, ce qui indiquerait un double effet antirétroviral potentiel.

Attention toutefois, l’EGCG n’est pas présent à des concentrations efficaces si l’on se contente de boire du thé vert.

L’avenir nous dira si l’EGCG trouvera des applications en tant que microbicide dans la lutte contre l’infection par le VIH .

Dans la presse scientifique :

-  “The main green tea polyphenol epigallocatechin-3-gallate counteracts semen-mediated enhancement of HIV infection”  ; lona Haubera, Heinrich Hohenberga, Barbara Holstermanna, Werner Hunsteinb, Joachim Haubera ; Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)

Preclinical development of the green tea catechin, epigallocatechin gallate, as an HIV-1 therapy ” ; Nance CL, Siwak EB, Shearer WT ; J Allergy Clin Immunol. 2009 Feb ;123(2):459-65.

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