Un nouveau facteur de restriction cellulaire limitant l’infection par le VIH-1

Publié le 26.05.2011 | par Patricia Fener

Un facteur intracellulaire, limitant l’infection par le VIH-1 des cellules dendritiques, vient d’être identifié par une équipe du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de l’Institut de génétique humaine (Montpellier), en collaboration avec des chercheurs de l’Institut Pasteur (CNRS) et de l’Institut Cochin (Inserm-CNRS- Université Paris Descartes). Cette découverte, publiée dans la revue Nature on line, le 25 mai, permet d’envisager de nouvelles stratégies vaccinales.

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VIH, cellules dendritiques, infection ;Wikimedia commons

Le rôle de la protéine virale x (VPX), dans l’infection des cellules dendritiques
Le lentivirus VIH-1 infecte principalement les lymphocytes TCD4+, les macrophages et les cellules dendritiques qui ont un rôle prépondérant dans la dissémination virale puisqu’elles apparaissent comme moins permissives à l’infection que les autres cellules cibles du VIH.
Les cellules dendritiques sont infectées plus efficacement par d’autres virus apparentés au VIH-1, à savoir le VIH-2 et le virus de l’immunodéficience simienne du macaque, du sooty mangabey (SIVSM) qui possèdent une protéine virale particulière que n’a pas le VIH-1, la protéine VPX.

Identification d’un nouveau facteur intracellulaire permettant aux cellules dendritiques de diminuer leur sensibilité à l’infection par le VIH-1, la protéine SAMHD1

Les chercheurs ont mis en évidence une plus grande sensibilité des cellules dendritiques à l’infection par le VIH-1 quand elles sont manipulées pour exprimer la protéine VPX. L’isolement des protéines cellulaires interagissant avec VPX a permis d’identifier une autre protéine, SAMHD1.

SAMHD1 est une protéine connue pour son implication dans le syndrome d’Aicardi-Goutières qui est une encéphalopathie de transmission mendélienne dont la présentation clinique est très proche des séquelles dues à une infection congénitale. Dans cette pathologie, des mutations ont été identifiées au niveau du gène SAMHD1 qui code un régulateur négatif de la réponse antivirale cellulaire intrinsèque.

Cette protéine apparaît comme étant un facteur qui limite la capacité du VIH-1 à infecter les cellules dendritiques. Elle inhibe en effet les toutes premières étapes du cycle viral, empêchant ainsi la réplication du virus.

SAMHD1 rejoint la famille des « facteurs de restriction intracellulaires », connus pour leur rôle dans le contrôle de la multiplication de certains virus.
Il existe chez l’Homme des gènes appelés facteurs de restriction qui ont évolué et peuvent inhiber le VIH et d’autres rétrovirus et qui sont donc un élément important de la réponse immunitaire innée.
Jusqu’à cette nouvelle découverte, trois grands facteurs de restriction de la réplication virale avaient été mis en évidence : APOBEC3 (Apolipoprotein mRNA-editing enzyme catalytic polypeptide-like editing complex 3), Trim (Tripartite Motif Protein)-5-alpha et Téthérine. Ces facteurs sont connus pour intervenir dans le contrôle de la multiplication de certains virus. Mais "contrairement à ce que l’on observe avec ces trois facteurs, le VIH-1 n’a probablement pas développé de mécanisme lui permettant de contrecarrer SAMHD1. Cette protéine cellulaire connue pour jouer un rôle dans la régulation de la réponse innée pourrait permettre au VIH-1 d’échapper à la réponse immunitaire."

Cette découverte permet de mieux comprendre la physiopathologie de l’infection à VIH-1 et ouvre de nouvelles perspectives en ce qui concerne l’élaboration d’un vaccin thérapeutique et préventif ciblant les cellules dendritiques.


Source :
- Nadine Laguette , Bijan Sobhian , Nicoletta Casartelli , Mathieu Ringeard , Christine Chable-Bessia
SAMHD1 is the dendritic- and myeloid-cell-specific HIV-1 restriction factor counteracted by Vpx
Nature on line
-  CNRS  : Identification d’un nouveau facteur cellulaire limitant la multiplication du VIH-1

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