Un possible effet secondaire grave de la didanosine : l’hypertension portale

Publié le 04.02.2010 | par Claire Criton

La Food and Drug Administration (FDA) met en garde contre un possible effet secondaire de la ddI (didanosine, Videx®). En effet, cet inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse serait à l’origine de rares mais graves atteintes hépatiques à type d’hypertension portale. La FDA a décidé de modifier le résumé des caractéristiques du produit (RCP).

La FDA a publié le 29 janvier 2010 une alerte concernant le Videx/Videx EC (didanosine).

L’hypertension portale

L’hypertension portale est l’augmentation de la pression sanguine à l’intérieur du système veineux portal.
Le système veineux portal draine le sang du tube digestif, de la rate, et du pancréas dans le foie. La veine porte fournit environ 75 % du flux sanguin du foie et environ 60 % des besoins en O2. La pression portale normale est de 5-10 mm Hg (7-14 cm H2O). Des valeurs supérieures définissent une hypertension portale.
L’hypertension portale est asymptomatique ; les signes cliniques sont dus à ses complications. Le plus important est le saignement aigu des varices, habituellement dans l’oesophage distal, moins fréquemment dans le fundus gastrique et rarement à d’autres sièges. La mortalité est forte, souvent supérieure à 50 %.

La didanosine

La didanosine est indiqué, en association avec d’autres agents antirétroviraux, dans le traitement des patients infectés par le VIH-1. Elle est maintenant rarement utilisée car elle est source de nombreux effets indésirables. La FDA estime que, pour certaines personnes atteintes, le bénéfice clinique de cet antirétroviral est supérieur aux risques potentiels et elle reste donc une importante option de traitement.

Les cas signalés d’hypertension portale

Quarante deux cas d’hypertension portale non cirrhotique chez des patients traités par Videx ont été rapportés à la FDA. Ils concernaient des patients âgés de 10 à 66 ans, dont 26 hommes et 14 femmes (et 2 cas où le sexe n’était pas connu). La durée du traitement s’étalait de plusieurs mois à plusieurs années. Les cas ont été confirmés par biopsie et ne présentaient aucune autre étiologie possible. Trois patients ont été transplantés, quatre sont morts.

L’étude suisse en 2009

Une étude de la cohorte VIH suisse est paru en août 2009 montrant que le seul facteur de risque indépendant trouvé chez les patients infectés par le VIH et ayant développé une hypertension portale non cirrhotique était un traitement prolongé par didanosine.

Dans la presse scientifique

-  “Association of Noncirrhotic Portal Hypertension in HIV‐Infected Persons and Antiretroviral Therapy with Didanosine : A Nested Case‐Control Study”  ; Helen Kovari, Bruno Ledergerber, Ulrich Peter, Markus Flepp, Josef Jost, Patrick Schmid, Alexandra Calmy, Nicolas J. Mueller, Beat Muellhaupt,Rainer Weber ; Clinical Infectious Diseases 2009 ;49:626–635

- Food and Drug Administration

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