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Une avancée thérapeutique ? Le LJ001, une nouvelle molécule active sur tous les virus à enveloppe, y compris le VIH

Publié le 10.02.2010 | par Claire Criton

Des chercheurs américains auraient découvert une molécule, le LJ001, présentant une activité antivirale sur tous les virus à enveloppe, notamment les rétrovirus comme le VIH. Son mécanisme d’action, de type inhibiteur de fusion, devrait permettre en outre d’éviter le développement de résistances.

Les virus peuvent être classés en deux catégories, selon qu’ils possèdent ou non une enveloppe. Chez les virus enveloppés, une enveloppe de nature lipidique entoure la nucléocapside. L’enveloppe porte les déterminants viraux qui se lient spécifiquement à des récepteurs cellulaires. Après fixation aux récepteurs de la membrane cellulaire, l’enveloppe, de même nature lipidique, peut fusionner avec cette membrane, introduisant la nucléocapside dans la cellule.
L’enveloppe d’un virus est donc composée d’une partie de la membrane cytoplasmique de la cellule infectée, mais modifiée par l’adjonction de glycoprotéines virales. Les lipides de l’enveloppe sont, eux, d’origine cellulaire. Lorsque l’enveloppe est dégradée, le virus perd son pouvoir infectieux

Le LJ001 est une molécule dérivée de la rhodanine. Cette molécule agirait sur un grand nombre de virus, les Filovirus comme le virus Ebola, les Poxvirus, les virus influenza A, les paramyxovirus, les flavivirus, les arenavirus, les bunyavirus et le virus VIH-1.

Le LJ001 s’intercale dans la membrane virale en ciblant les lipides mais en laissant intactes les protéines de l’enveloppe. En se fixant aux lipides de l’enveloppe, il inhibe la fusion du virus avec la cellule et par conséquent son entrée dans celle-ci.
L’effet antiviral a été montré non seulement in vitro, en laboratoire, mais aussi in vivo, chez la souris. L’étude vient d’être publiée par les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Les chercheurs ont conduit des essais, chez la souris, sur les virus de la fièvre de la vallée du Rift et Ebola. Alors que ces deux virus tuent toutes les souris infectées, le traitement par LJ001 a permis de faire survivre 100 % des animaux infectés par la fièvre de la vallée du Rift et 80 % de ceux infectés par le virus Ebola. Aucune toxicité n’a été mise en évidence dans ces modèles.

Les auteurs envisagent une application thérapeutique possible sous forme de topique microbicide anti-VIH-1 ou anti- HSV-1 [1] mais aussi sous forme de microbicide administré par inhalation pour les virus grippaux par exemple.

Dans la presse scientifique

-  A broad-spectrum antiviral targeting entry of enveloped viruses , Mike C. Wolfa, Alexander N. Freibergb, Tinghu Zhangc, Zeynep Akyol-Atamana, Andrew Grocka, Patrick W. Honga, Jianrong Lid, Natalya F. Watsona, Angela Q. Fanga, Hector C. Aguilara, Matteo Porottoe, Anna N. Honkof, Robert Damoiseauxg, John P. Millerh, Sara E. Woodsonb, Steven Chantasirivisala, Vanessa Fontanesa, Oscar A. Negretea, Paul Krogstadh, Asim Dasguptaa, Anne Mosconae, Lisa E. Hensleyf, Sean P. Wheland, Kym F. Faullc, Michael R. Holbrookb, Michael E. Jungc, Benhur Leea ;Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) publié en ligne le 28 janvier 2010


[1] Virus herpès simplex de type 1

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