Une étude française en faveur du traitement anti-VIH intermittent

Publié le 09.02.2010 | par Claire Criton

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Une équipe de chercheurs français a évalué l’efficacité de prises intermittentes d’antirétroviraux. Des cycles courts et répétés d’antiviraux pourraient représenter une alternative pertinente à la prise quotidienne, permettant de conserver une charge virale indétectable et d’accroître le nombre des CD4.

L’objectif principal de l’essai était de comparer pendant au moins deux ans (96 semaines) l’efficacité propre de deux stratégies thérapeutiques : l’une maintenant un ou des traitements antiviraux combinés et continus sept jours sur sept ; l’autre réduisant le ou les traitements antiviraux combinés à seulement quatre ou cinq jours de prises consécutives par semaine.

L’étude

Elle a été conduite chez 48 patients pendant 3 ans et demi par l’équipe de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches.

Les 48 patients de l’étude étaient traités de manière continue par traitement HAART (traitement antirétroviral hautement efficace) et avaient une virémie de moins de 50 copies par ml.

Dans le groupe d’étude, 39 patients ont ensuite adopté un régime de 5 jours de traitement par semaine puis, après confirmation de l’indétectabilité de la charge virale, 4 jours par semaine puis 3 jours. Certains (12) ont même réduit leur traitement à 2 jours sur 7.

Les résultats

Tous les patients ayant les schémas de 5, 4 et 3 jours par semaine ont gardé une virémie indétectable. Les six patients en échec ont repris un traitement 7 sur 7, et la charge virale est redevenue indétectable.

Le nombre des CD4 a augmenté en nombre absolu et en pourcentage dans tous les groupes de traitements intermittents.

Les études précédentes

Le traitement intermittent suppressif a été exploré par d’autres auteurs.

- Douek avait étudié un rythme d’une semaine sur deux chez 10 patients sous indinavir/ritonavir/ lamivudine/stavudine pendant 48 semaines avec succès (virémie supprimée).

- C. Cohen a obtenu le même succès avec l’essai « FOTO » (five on, two off) où les patients ne prenaient pas leur traitement le weekend.

- Par contre, l’essai Staccato (une semaine sur deux aussi) a dû s’arrêter prématurément à cause d’une augmentation de la virémie pendant la semaine sans traitement.

Conclusion

Malgré ces résultats encourageants, des études cliniques randomisées et contrôlées seront nécessaires pour prouver les bénéfices de cette approche.

La très longue demi-vie de l’efavirenz et de l’atazanavir pris par 80% des patients de l’étude française pourrait-il expliquer le succès du traitement intermittent dans cet essai ?

L’administration intermittente du traitement HAART chez les sujets infectés par le VIH pourrait représenter une stratégie permettant de réduire les effets secondaires toxiques des antirétroviraux et de réduire les coûts pour les patients aux ressources limitées. Cette alternative thérapeutique parait également intéressante pour les pays défavorisés.

Dans la presse scientifique

Short cycles of antiretroviral drugs provide intermittent yet effective therapy : a pilot study in 48 patients with chronic HIV infection  ; Jacques Leibowitch, Dominique Mathez, Pierre de Truchis, Christian Perronne, and Jean-Claude Melchior ; FASEB Journal, 26 janvier2010, doi:10.1096/fj.09-14867

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