Urgences digestives médicales liées au VIH, une étude togolaise

Publié le 18.07.2011 | par Claire Criton

Les manifestations digestives sont fréquentes au cours de l’infection à VIH. Une étude togolaise souligne la gravité potentielle des complications digestives chez les patients VIH, et la nécessité de leur prise en charge précoce.

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Sida et urgences digestives

Les manifestations digestives sont fréquentes (50 à 90 % des cas) chez les patients séropositifs.

L’une des cibles préférentielles du VIH est le tube digestif car c’est un organe très riche en cellules lymphoïdes immunocompétentes. Le tube digestif est donc un des principaux réservoirs du VIH.

Une étude au CHU de Lomé au TOGO

Cette étude a porté sur 842 patients admis en urgence pour une symptomatologie digestive entre janvier 2005 et décembre 2009.

L’âge moyen des patients était de 38 ans.

70 patients étaient séropositifs pour le VIH, soir 8,31 %.

Amaigrissement, diarrhée et vomissements motivaient la venue aux urgences.

Les motifs d’admission les plus fréquents étaient :

- l’amaigrissement et l’altération de l’état général dans 75,7 % des cas ;
- la diarrhée dans 45,7 % des cas ;
- les vomissements dans 41,4 % des cas.

Le tableau clinique d’entrée

Les signes cliniques les plus fréquents à l’examen d’entrée étaient :

- l’amaigrissement (78,6 %) ;
- la pâleur conjonctivale (54,3 %) ;
- l’hyperthermie (50 %) ;
- la candidose buccale (37,1 %) ;
- l’ascite (18,6 %) ;
- la déshydratation sévère ou modérée (17,1 %) ;
- le prurigo (14,3 %) ;
- l’ictère conjonctival (4,3 %).

Diarrhée infectieuse et candidose digestive étaient les diagnostics les plus fréquents.

Dans 47,14 % des cas, une diarrhée d’origine infectieuse était à l’origine de la symptomatologie digestive, et expliquait la dénutrition.

Une candidose digestive était le diagnostic retenu dans 40 % des cas, accompagnée d’une dysphagie et de vomissements.

Le troisième diagnostic le plus fréquent était la tuberculose péritonéale (18,6 % des cas), évoqué par une ascite isolée fébrile chez des patients déjà connus pour une tuberculose ayant bien évolué sous traitement antituberculeux d’épreuve.

Un taux élevé de décès aux urgences

Le taux de décès aux urgences était de 18,6 %. ce taux élevé souligne la gravité potentielle des complications digestives dans l’infection à VIH, mais aussi le fait que les patients consultent trop tardivement par rapport aux pays occidentaux.


Dans la presse scientifique

- BAGNY A ; BOUGLOUGA O ; DJIBRIL M. A ; REDAH D ; “ Urgences médicales digestives liées au VIH/sida dans le Service d’hépato-gastroentérologie du CHU-campus de Lomé (Togo) ” ; Médecine tropicale, 2011, vol. 71, no1, pp. 71-73


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