Utilisation du préservatif chez la jeune fille : une enquête écossaise édifiante

Publié le 27.05.2009 | par Claire Criton

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Les auteurs sont allés à la rencontre de jeunes filles en Écosse pour voir si le message de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), et notamment l’utilisation du préservatif, est vraiment passé.

Les progrès de la médecine, de l’hygiène ou des techniques de communication ne sont pas arrivés à empêcher la réapparition et/ou la propagation de certaines IST comme la syphilis, les Chlamydiases et l’infection à VIH. Certaines comme les gonococcies ont même acquis les moyens de se défendre (résistance aux quinolones). Les autorités de santé publique continuent par conséquent de préconiser une prévention multiple où le condom apparaît toujours en première ligne.

Vingt jeunes filles judicieusement choisies (20 ans, premier rapport entre 12 et 17 ans, toutes origines sociales, partenaires cumulés entre 1 et 16, etc) ont été interrogées :

- toutes avaient un jour ou l’autre utilisé un préservatif ; 17 au premier rapport, mais seul trois continuaient régulièrement ;
- leur première motivation était contraceptive, en particulier au début et avec un nouveau partenaire ;
- les jeunes considéraient que le VIH était une menace éloignée, loin derrière les Chlamydia et les papillomavirus ;
- l’accessibilité au condom était un facteur clé, encore et surtout pour éviter une grossesse ;
- les filles comptaient souvent sur les garçons pour apporter le condom, recherchant un consensus pour les plus jeunes et en en glissant d’elles mêmes quelques uns dans leur sac pour les plus âgées.

Les raisons invoquées pour le délaisser étaient les suivantes :

- l’utilisation du condom était qualifié d’"instant tueur", de réducteur de plaisir (14 filles sur 20) ;
- pour quelques unes, il était même douloureux, voire difficile à utiliser, au point que 3 filles préféraient, le cas échéant, s’abstenir de toute relation ;
- "les condoms glissent, se déchirent ou éclatent" (8 interviewées) ;
- abandonner son usage était une preuve de confiance accordée au partenaire, en général aux alentours du 2ème mois ; on le reprenait quand même au partenaire suivant, pour un nouveau cycle.

Le préservatif apparaît finalement d’abord et avant tout comme un moyen de contraception "immédiate" facile à se procurer. L’utiliser avec un nouveau partenaire semble être une règle largement acceptée. Ensuite, c’est plus compliqué, la confiance et les inconforts divers (plaisir ruiné, sensations moindres et ruptures intempestives) entraînent son abandon.
Au total le condom semble plutôt la technique de contraception de l’entrée dans la vie sexuelle, destinée à n’être utilisé que pendant un temps limité.

Dans la presse scientifique :

-  "Young women and limits to the normalisation of condom use : a qualitative study"  ; Williamson LM, Buston K, Sweeting H ; AIDS Care. 2009 May ;21(5):561-6

- Univadis ; usage réservé aux professionnels de santé

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