VIH, 15 ans d’espérance de vie en plus avec les trithérapies

Publié le 20.10.2011 | par Patricia Fener

L’introduction en 1996 du traitement antirétroviral hautement actif (HAART) a pour conséquence une augmentation de l’espérance de vie de 15 ans des personnes infectées par le VIH. Selon une étude publiée dans le "British Medical Journal", un diagnostic et un traitement plus précoces de l’infection sont les deux facteurs concourant à augmenter le nombre moyen d’années que vivra un individu VIH+.

JPEG - 6.2 ko
VIH, espérance de vie, Royaume-uni ; Wikimedia commons, GNU Free Documentation License "Seven Ages Of Man" de Lonpicman

Des données issues d’une grande étude épidémiologique, la UK Collaborative HIV Cohort (UK CHIC)

Cette étude, menée au Royaume-Uni, a analysé les données des dossiers médicaux de 17 661 patients VIH+ entre 1996 et 2008. Ceux-ci étaient pris en charge dans des hôpitaux britanniques, avec au moment de la mise en route du traitement antirétroviral un taux de CD4 inférieur ou égal à 350 par millilitre.

Une espérance de vie à 20 ans augmentée d’un peu plus de 15 ans, avec une différence hommes/femmes de 10 ans

Entre 1996 et 2008, 7% (1 248) des patients sont décédés.

Les résultats montrent que :
- l’espérance de vie à l’âge de 20 ans d’un patient infecté par le VIH est passée de 30 ans en 1996, à 46 ans en 2008 ;
- les hommes et les femmes ne sont pas égaux, les premiers ont une espérance de vie nettement plus faible que les secondes, 40 ans contre 50 ans (58 ans pour les hommes et 62 ans pour les femmes dans la population générale au Royaume-Uni ).

De l’importance d’un démarrage précoce du traitement antirétroviral

Cette étude, menée par M. May de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) montre que plus le traitement antirétroviral est mis en route précocement dans le développement de l’infection à VIH, plus son impact est positif en termes d’augmentation de l’espérance de vie du patient. Celle-ci passe ainsi de 38 ans à 41 ans puis 53 ans, selon que le taux de CD4 est inférieur à 100, compris entre 100 et 199 ou entre 200 et 350 par millilitre au démarrage des antirétroviraux.

L’infection à VIH, une maladie chronique

Maladie mortelle avant l’avènement des traitements combinés, l’infection à VIH est maintenant considérée comme une maladie chronique de longue durée, avec un bon pronostic si le traitement antirétroviral est initié de façon précoce.

Actuellement, un homme infecté par le VIH vit en moyenne jusqu’à 60 ans, 70 ans pour une femme. Bien que ces chiffres soient réconfortants, il n’en demeure pas moins qu’ils sont inférieurs à ceux de la population générale qui sont respectivement de 78 et 82 ans.

La prévention reste primordiale

Cette étude montre donc une augmentation significative de l’espérance de vie des patients infectés par le VIH, d’autant plus importante que le diagnostic est fait précocement et le traitement rapidement initié.

Il ne faut toutefois pas sous-estimer l’importante morbidité au cours de cette infection, avec une fréquence élevée de facteurs de risque cardio-vasculaire et de cancers, ainsi que l’effet propre de l’infection VIH et de ses traitements.

Il faut donc insister sur le fait que le préservatif est toujours d’actualité et reste le meilleur moyen de prévention contre le VIH.

Les résultats de cette étude rendent compte d’une tendance qui est certainement amenée à se confirmer dans les pays développés ; en effet les dernières molécules mises sur le marché et les nouvelles recommandations en faveur d’un traitement précoce vont sans doute conduire à un nouvel allongement de l’espérance de vie des personnes infectées par le VIH.


Source

1. May M, Gompels M, Delpech V, et al. Impact of late diagnosis and treatment on life expectancy in people with HIV-1 : UK Collaborative HIV Cohort (UK CHIC) Study. BMJ. 2011 ;343:d6016.

Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu