VIH et grossesse : les nouvelles recommandations de la HAS

Publié le 03.05.2010 | par Patricia Fener

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VIH et grossesse « Die Hoffnung de G. KLIMT » Wikimedia commons "GNU Free Documentation License".

La prise en charge de la grossesse et des nouveau-nés de femmes enceintes séropositives pour le VIH présente des spécificités et il est nécessaire que ces patientes soient confiées à des équipes spécialisées multidisciplinaires. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié récemment des recommandations de bonnes pratiques sur l’orientation des femmes enceintes dans les maternités, en cas de risque obstétrical fœtal ou maternel avéré. Ces recommandations viennent compléter celles publiées en juillet 2007.







Ces recommandations visent à optimiser l’adéquation de la prise en charge des femmes enceintes en fonction du type de maternité mais également d’homogénéiser les bonnes pratiques de décision d’orientation, face à des risques obstétricaux identifiés.

La prise en charge des femmes enceintes VIH+ a pour but de diminuer le risque de transmission materno-foetale (TMF) au cours de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

En France, on compte environ 1 500 accouchements de femmes VIH+ par an.

Selon les données de l’Enquête périnatale française (EPF), cohorte prospective initiée par l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales), le nombre d’accouchements de femmes infectées par le VIH a plus que doublé en dix ans.
Les femmes incluses dans cette cohorte sont d’environ 1 000 par an depuis 2000 et en estimant qu’elle rassemble près de 70 pour 100 des accouchements de femmes infectées par le VIH, cela représente 1 500 accouchements par an.

Dans l’EPF, un tiers des naissances enregistrées surviennent chez des femmes qui ont déjà accouché une fois ou plus depuis qu’elles connaissent leur séropositivité au VIH. La plupart des femmes ont été contaminées par voie hétérosexuelle, et les deux tiers sont originaires d’Afrique subsaharienne.

La prise en charge de la grossesse et des nouveau-nés de femmes enceintes, séropositives pour le VIH, comporte des spécificités.

Les recommandations du Groupe d’Experts dirigés par le Pr Yeni sur la prise en charge des femmes enceintes VIH+ sont les suivantes :
- « La grossesse n’est pas un facteur aggravant l’évolution de l’infection par le VIH » ;
- « Le risque principal est la transmission mère/enfant » ;
- « Les moyens de prévention sont efficaces » ;
- « Le suivi régulier de la mère tout au long de la grossesse ainsi que de son enfant pendant les premiers mois de vie est nécessaire pour prévenir la transmission à l’enfant, savoir si l’enfant est infecté ou non et surveiller l’éventuelle toxicité des antirétroviraux. » ;
- « Il s’agit d’une grossesse à risque dont le suivi doit être cohérent et individualisé, confié pour cela à des équipes spécialisées, habituées à cette prise en charge. » ;
- « Le choix du traitement médical préventif, du mode d’accouchement et du traitement prophylactique du nouveau-né doivent relever d’une concertation multidisciplinaire entre l’équipe obstétricale, le référent VIH et le pédiatre, en cas de co-infection par les virus des hépatites, il conviendra d’associer l’hépatologue. ».

Les recommandations de la HAS

Les femmes enceintes VIH+ doivent être confiées à des équipes spécialisées multidisciplinaires comprenant au moins un obstétricien, un sidologue et un pédiatre.

Il faut savoir qu’il existe en France 3 types de maternité :
- de type 1 : maternité au sein de laquelle sont pratiqués les soins néonataux de l’enfant ne présentant pas de problème particulier ;
- type 2 : maternité associée à une unité de néonatalogie permettant d’assurer, 24 heures sur 24, la surveillance et les soins spécialisés des nouveaux-nés à risque ou ceux dont l’état s’est déstabilisé après la naissance, qu’ils soient ou non nés dans l’établissement ;
- type 3 : maternité disposant d’une unité de néonatologie mais aussi d’une unité de réanimation néonatale permettant la surveillance et les soins spécialisés d’enfants, nés ou non dans l’unité d’obstétrique de l’établissement, qui présentent des détresses graves ou des risques vitaux nécessitant des soins de réanimation.

En l’absence de comorbidité maternelle, toutes les maternités sont à même de prendre en charge les femmes enceintes séropositives au VIH et leur enfant, avec des protocoles communs avec les équipes spécialisées multidisciplinaires (infectiologues, obstétriciens, pédiatres).

Cependant quel que soit le type de maternité, il est recommandé que l’organisation logistique de la maternité puisse anticiper et vérifier la disponibilité et la prescription des thérapeutiques maternelles et néonatales à engager en cas d’urgence.

Indépendamment d’une complication liée au traitement ou de la maladie, le lieu d’accouchement doit être adapté à l’estimation pondérale du foetus et au terme de la grossesse.


Source :
- HAS
- Enquête nationale périnatale
- Rapport YENI 2008

A consulter :
- Femmes et sida : La sexualité et la grossesse de la femme confrontée au VIH/sida

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