VIH et résistance aux traitements : des modèles mathématiques pour aider les médecins

Publié le 06.05.2010 | par Claire Criton

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VIH, mutation et résistance au traitement

De nouveaux modèles informatiques permettent de calculer combien de médicaments antiviraux pourraient être nécessaires pour traiter efficacement une maladie infectieuse. Avec l’émergence de virus résistants aux traitements comme dans le cas du VIH, ces résultats pourraient s’avérer particulièrement utiles.







Même avec les nouveaux médicaments pourtant très prometteurs, des souches de virus résistant ont tendance à apparaître dans les jours suivant le début du traitement.

L’arrivée des antibiotiques après-guerre a révolutionné le traitement des maladies infectieuses et les médecins ont pensé avoir l’arme absolue pour les éradiquer de la surface du globe. L’apparition de microbes devenus résistants à ces traitements fait qu’un nombre de maladies infectieuses que l’on pouvait autrefois guérir deviennent de plus en plus difficiles à soigner. Dans la tuberculose par exemple, certaines souches sont devenues ultra-résistantes et à presque tous les antibiotiques connus.

Dans le cas du sida, plus les traitements se perfectionnent, plus le VIH montre d’incroyables capacités d’adaptation, échappant sans arrêt à toute tentative de le contrer. Basée sur une grande variabilité génétique et une incroyable vitesse de réplication, cette aptitude du virus à muter sans cesse est un véritable problème pour les médecins et les patients. Les patients infectés par un germe résistant restent plus longtemps à l’hôpital et nécessitent des traitements plus complexes et plus coûteux.

Les associations médicamenteuses utilisées doivent avoir une barrière génétique [1] élevée d’au moins 4 mutations

Les chercheurs ont travaillé sur l’hépatite C :
- Ils ont calculé combien de nouvelles particules du virus de l’hépatite C étaient produites chaque jour chez un patient typique.
- Ils ont ensuite estimé toutes les mutations possibles qui existaient déjà chez le patient avant traitement.
- Ils ont estimé qu’au début du traitement de nouvelles mutations se produisent encore, les médicaments actuels ne supprimant pas complètement la réplication virale.

Ces nouveaux modèles informatiques permettent de calculer combien de médicaments pourraient être nécessaires pour traiter efficacement une maladie infectieuse.

Dans le cas de l’hépatite C, ils ont montré que des combinaisons de médicaments conçues pour combattre quatre ou cinq souches virales mutées pouvaient être nécessaires.

Ces résultats devront être complétés par d’autres études cliniques pour montrer combien de patients sont vraiment guéris avec différentes combinaisons de médicaments.


Dans la presse scientifique

- “ Rapid Emergence of Hepatitis C Virus Protease Inhibitor Resistance ” ; L. Rong, R.M. Ribeiro, A.S. Perelson , NM ; L ; Sci Transl Med 5 May 2010 : Vol. 2, Issue 30, p. 30ra32

- Pour en savoir plus sur la résistance du VIH aux antirétroviraux



[1] Sensibilité d’un traitement aux variations génétiques de sa cible. Par exemple, le VIH est capable de devenir totalement résistant aux INNTI en présentant seulement deux mutations ; ainsi, on dit que la barrière génétique des INNTI est faible, contrairement à certains inhibiteurs de protéase actifs même en présence de 6 à 8 mutations, sous réserve d’une concentration suffisante dans le sang. (Lexique médical d’Action Traitement)

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