VIH et tuberculose : les données du nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé

Publié le 15.11.2010 | par Patricia Fener

Le nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) « Global tuberculosis control 2010 » fait le point sur l’épidémie de tuberculose dans 212 pays et territoires. En 2009, il a été diagnostiqué 9,4 millions de nouveaux cas de tuberculose, dont 3,3 millions chez des femmes et 1,1 million chez des personnes vivant avec le VIH. Le taux de mortalité dû à cette infection reste élevé.

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VIH et tuberculose, Mycobacterium tuberculosis ; Wikimedia commons

Un décès sur 5 lié au VIH
En 2009, la tuberculose a causé 1,7 million de morts (dont 380 000 femmes), ce qui correspond à 4 700 morts par jour.

Parmi ces 1,7 million de personnes décédées, 380 000 vivaient avec le VIH.

Il apparaît que les sujets VIH-positifs représentent entre 11 et 13% de l’ensemble des nouveaux cas de tuberculose, avec une concentration de 80% des cas dans la Région africaine.

Une meilleure connaissance du statut pour le VIH
Dans cette même année 2009, parmi les patients atteints de tuberculose, 1,6 million connaissaient leur statut pour le VIH, alors qu’ils étaient 1,4 million en 2008.

Les taux de dépistage les plus élevés étaient enregistrés en Europe (86%), en Afrique (53%) et dans la région des Amériques (41%). Dans 55 pays dont 16 africains, au moins 75% des patients touchés par la tuberculose savaient s’ils étaient ou non positifs au VIH.

Des progrès dans la prise en charge thérapeutique
En 2009, un traitement préventif au co-trimoxazole a été prescrit chez 300 000 patients infectés par le VIH et un traitement antirétroviral a été initié chez 140 000 d’entre eux (ce qui représente respectivement 75% et 37% des cas notifiés de tuberculose positifs au VIH).

De plus, 80 000 personnes vivant avec le VIH ont pu bénéficier d’un traitement préventif à l’isoniazide afin de prévenir le développement d’une tuberculose active.

La stratégie DOTS
En s’appuyant sur la stratégie DOTS (Directly Observed Treatment Sort-course- traitement de brève durée sous surveillance directe) [[Cette stratégie comporte cinq éléments considérés comme essentiels dans la lutte mondiale contre la tuberculose :
(1) l’engagement politique ;
(2) le dépistage des cas par l’examen au microscope des frottis de crachats de toute personne venant consulter pour une toux persistante ;
(3) l’application d’une chimiothérapie standardisée de brève durée, dans des conditions optimales de prise en charge du malade qui comprennent la surveillance directe du traitement ;
(4) un approvisionnement régulier en médicaments ;
(5) un système standardisé d’enregistrement et de notification permettant une évaluation des résultats du traitement pour chaque malade ainsi que du programme de lutte antituberculeuse dans son ensemble.
Source : OMS ] et sur le soutien du Plan mondial Halte à la Tuberculose, l’OMS veut obtenir une baisse spectaculaire de la charge de la tuberculose en réduisant de moitié la mortalité et la prévalence d’ici à 2015.

Dans ce dernier rapport, il apparaît que d’importants progrès ont été accomplis depuis 1995 puisque 41 millions de personnes ont été guéris grâce à la mise en œuvre de la stratégie DOTS. Six millions de décès ont ainsi pu être évités.

Co-infection VIH/tuberculose
Le VIH et la tuberculose sont deux infections étroitement liées.

Le risque de développer une infection à Mycobacterium tuberculosis est accru d’un facteur 7 chez les sujets VIH+. Le VIH et la tuberculose sont si étroitement liés que l’on s’y réfère souvent comme à des co-épidémies, ou doubles épidémies qui s’entraînent et se renforcent mutuellement. Le VIH active la tuberculose latente chez l’individu, qui devient ensuite infectieux et capable de contaminer d’autres personnes.

La co-infection VIH et tuberculose est aujourd’hui bien établie. La classification CDC (Centers for Disease Control and Prevention) de 1993, classe le patient VIH porteur d’une tuberculose dans le stade C de la maladie sida.

La tuberculose est une cause majeure de mortalité chez les VIH-positifs.

Elle se contracte principalement par voie aérienne, par l’inhalation de bacilles de Koch (BK) provenant d’un individu tuberculeux et diffusés lors de la toux ou de l’éternuement. Ces mycobactéries vont ensuite se loger au niveau des poumons où elles demeurent inactives ou latentes, mais 10 % environ des personnes développent la maladie au cours de leur vie du fait d’une immunodépression, particulièrement les personnes infectées par le VIH/sida.

La tuberculose peut survenir au cours de l’infection par le VIH alors que l’immunodépression n’est pas forcément sévère. Lorsqu’elle survient à un stade avancé de la maladie, elle peut être une des manifestations du syndrome de reconstitution immune (reconstitution inflammatory syndrome : IRIS) observé dans les suites de la mise en place d’un traitement antirétroviral hautement actif (HAART).

Bien que les résultats du rapport « Global tuberculosis control 2010 » montrent une amélioration dans le dépistage et la prise en charge des patients infectés par le VIH et porteurs d’une tuberculose, cela ne concerne malheureusement qu’un peu moins d’1% des personnes vivant avec le VIH dans le monde.




Source :

-  OMS  : Global tuberculosis control 2010
-  WHO  : THE STOP TB STRATEGY
-  OMS  : Plan mondial 2006-2015 Halte à la tuberculose

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