VIH : un vaccin thérapeutique prometteur

Publié le 16.11.2010 | par Claire Criton

Un vaccin thérapeutique fondé sur la protéine Tat serait capable d’intensifier les divers protocoles de traitements antirétroviraux hyperactifs. La normalisation sélective et spécifique des fonctions immunitaires a été constatée même chez les patients les plus immunocompromis.

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Sida et vaccination

Un essai thérapeutique de phase II (ISS T-002) d’immunothérapie contre le VIH

Une équipe de chercheurs italiens a mené une étude chez 87 sujets sous traitement antirétroviral hautement actif (HAART).

Le schéma thérapeutique consistait en 3 ou 5 injections intradermiques de protéine Tat, à la dose de 7.5 μg ou de 30 μg, pendant 8 à 16 semaines, avec ensuite un suivi de 4 ou 32 semaines en fonction de la dose administrée.

Une normalisation sélective et spécifique des fonctions immunitaires

Les effets thérapeutiques constatés ont été les suivants :

- augmentation des cellules T régulatrices ;
- baisse de l’activation immunitaire ;
- élévation, en valeurs absolue et relative, à la fois des lymphocytes T CD4+ et des lymphocytes B ;
- baisse du pourcentage de lymphocytes T CD8+ et des lymphocytes NK (natural killers).

La réduction significative des altérations du système immunitaire induites par l’infection à VIH, et qui généralement persistent même au cours du traitement HAART est un élément clef. En effet, le dysfonctionnement immunitaire est considéré comme la cause principale des nombreuses complications qui accompagnent l’infection à VIH même sous traitement.

Aucun effet secondaire majeur et une réponse immune durable

La vaccination Tat semble intensifier les divers protocoles de traitements antirétroviraux hautement actifs, sans effet indésirable notoire.

Tat, une protéine virale essentielle pour l’expression des gènes viraux et la réplication du virus VIH-1

Cette protéine permet l’activation des gènes du VIH-1 grâce à sa fixation sur une cible nucléotidique appelée TAR localisée à l’extrémité 5’ des ARNm de VIH-1. Elle est sécrétée par les cellules infectées par le VIH et est indispensable pour une transcription réverse efficace de VIH-1. Une fois à l’extérieur de la cellule, elle est capable d’activer des cellules infectées éloignées et d’induire l’immunodéficience de cellules T non infectées. En outre, elle est directement impliquée dans des pathologies liées au SIDA, comme le sarcome de Kaposi.

Poursuite de l’étude de Phase II

Les résultats encourageants de l’étude randomisée, intermédiaire à 48 semaines de phase II, justifient l’inclusion de nouveaux patients, faisant passer la cohorte prévue de 128 à 160 volontaires.


Dans la presse scientifique

-  "Therapeutic Immunization with HIV-1 Tat Reduces Immune Activation and Loss of Regulatory T-Cells and Improves Immune Function in Subjects on HAART"  ; Barbara Ensoli, Stefania Bellino, Antonella Tripiciano, Olimpia Longo, Vittorio Francavilla, Simone Marcotullio, Aurelio Cafaro, Orietta Picconi, Giovanni Paniccia, Arianna Scoglio, Angela Arancio, Cristina Ariola, Maria J. Ruiz Alvarez, Massimo Campagna, Donato Scaramuzzi, Cristina Iori, Roberto Esposito, Cristina Mussini, Florio Ghinelli, Laura Sighinolfi, Guido Palamara, Alessandra Latini, Gioacchino Angarano, Nicoletta Ladisa, Fabrizio Soscia, Vito S. Mercurio, Adriano Lazzarin, Giuseppe Tambussi, Raffaele Visintini, Francesco Mazzotta, Massimo Di Pietro, Massimo Galli1, Stefano Rusconi1, Giampiero Carosi, Carlo Torti, Giovanni Di Perri, Stefano Bonora, Fabrizio Ensoli, Enrico Garaci ; PLoS ONE », novembre 2010, vol. 5, n° 11, e13540

-  "Le virus du Sida détourne le système de régulation de la transcription à son profit "  ; CNRS


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