Vacciner les jeunes hommes contre les papillomavirus pour ralentir l’épidémie de sida

Publié le 05.05.2010 | par Claire Criton

JPEG - 9.9 ko
Jeunes hommes, HPV et sida ; Wikimedia commons ; GNU Free Documentation License, Version 1.2

Les hommes porteurs d’un papillomavirus (HPV) semblent plus susceptibles d’être infectés par le VIH. Vacciner les jeunes hommes contre les papillomavirus pourrait donc contribuer à ralentir l’épidémie de sida.












- Une corrélation entre la présence d’HPV au niveau pénien et le taux d’infection par le VIH

L’étude a été menée entre 2002 et 2006 auprès de jeunes hommes de 18 à 24 ans, au Kenya. L’objectif initial était de juger de l’intérêt de la circoncision pour réduire l’incidence de l’épidémie de VIH. Sur les 2618 participants à l’étude 1089 participants étaient porteurs d’un HPV au niveau pénien.

Les auteurs ont émis l’’hypothèse que le papillomavirus peut créer des lésions de la verge et modifier la réponse immunitaire. Ils ont alors cherché une corrélation avec le taux d’infection par le VIH : à 42 mois, 5,8 % des hommes séropositifs pour un HPV avaient contracté une infection à VIH contre 3,7 % de ceux qui étaient séronégatifs pour les HPV.

Une autre étude menée sur 1638 hommes hétérosexuels en Afrique du sud a conclu également à une incidence plus élevée d’infection à VIH chez les sujets porteurs de lésions HPV péniennes.

- La prévention de l’HPV, une arme dans la lutte contre le sida

Cette étude suggère qu’il existe un risque indépendant accru de séroconversion VIH chez les hommes porteurs d’une infection à papillomavirus. Si ce résultat est confirmé par d’autres études, la vaccination anti-HPV des jeunes hommes pourrait devenir une composante non négligeable de la prévention contre le VIH/sida.

- Au Canada et aux États-Unis, la vaccination contre l’HPV (Gardasil®) est déjà recommandé aux garçons et aux jeunes hommes. Ce n’est pas le cas en France, où il est encore recommandé et remboursé (à 65 %, comme son homologue Cervarix®) seulement pour les filles et les jeunes femmes, en prévention des verrues génitales (condylomes) et du cancer du col de l’utérus.


Dans la presse scientifique

- “ Increased Risk of HIV Acquisition among Kenyan Men with Human Papillomavirus Infection ” ; Smith JS, Moses S, Hudgens MG, Parker CB, Agot K, Maclean I, Ndinya-Achola JO, Snijders PJ, Meijer CJ, Bailey RC ; J Infect Dis. 2010 Jun 1 ;201(11):1677-85.

- “ Association of oncogenic and nononcogenic human papillomavirus with HIV incidence ” ; Auvert B, Lissouba P, Cutler E, Zarka K, Puren A, Taljaard D ; J Acquir Immune Defic Syndr 2010 ; 53(1):111–116.

En savoir plus sur le papillomavirus humain

- Centre National de Référence pour les Papillomavirus Humains, Institut Pasteur


Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu