Voyager en 2009 quand on est infectées par le VIH

Publié le 05.06.2009 | par Claire Criton

Sous réserve de contraintes thérapeutiques ou de surveillance purement médicale, aucune restriction ne saurait être apportée aux voyages des personnes infectées par le VIH. Une consultation médicale est indispensable avant le départ afin d’examiner certaines spécificités.

PNG - 8.4 ko
Wikimedia commons ; Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0

-  Vaccinations

  • Fièvre jaune
    Dès qu’existe un état d’immunodépression (taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3), quelle qu’en soit l’origine, le vaccin (vivant atténué) est contre-indiqué.
  • Autres vaccins
    Ils sont recommandés comme à l’ensemble des voyageurs.

-  Paludisme

C’est une maladie aussi grave chez les personnes infectées par le VIH que dans la population générale. Les médicaments antipaludiques n’ont pas d’interférence connue avec l’infection virale. L’atovaquone peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique de l’indinavir.

-  PrĂ©cautions d’hygiène

Elles doivent ĂŞtre rigoureuses afin de rĂ©duire le risque de contracter les maladies plus graves chez le sujet porteur du VIH : anguillulose, leishmanioses, salmonelloses, tuberculose, infections dues Ă  des coccidies, histoplasmoses.

-  Traitement photosensibilisant

Quelques mĂ©dicaments, non destinĂ©s au traitement spĂ©cifique mais souvent utilisĂ©s par ces patients, sont photosensibilisants : quinolones, cyclines, sulfamides.... Une protection solaire (vĂŞtements et crèmes) est fortement recommandĂ©e

On peut rappeler Ă©galement quelques prĂ©cautions gĂ©nĂ©rales Ă  l’attention de toute personne voyageant dans le contexte actuel de l’Ă©pidĂ©mie de sida :

-  Risques accidentels

  • les transfusions sanguines reprĂ©sentent un risque majeur (hĂ©patites B et C, VIH) dans la plupart des pays aux structures sanitaires insuffisantes, ainsi que les soins mĂ©dicaux avec injection (IV, IM, SC), incision, endoscopie ;
  • refuser toute procĂ©dure sans matĂ©riel neuf Ă  usage unique (aiguilles, seringues) ou sans stĂ©rilisation appropriĂ©e, ainsi que les tatouages, piercing (dont le perçage des oreilles) et acupuncture ;
  • se munir si besoin avant le dĂ©part de matĂ©riel Ă  usage unique.

-  PrĂ©vention des infections sexuellement transmissibles (hĂ©patite B, VIH, gonococcie, syphilis, chlamydiose...)

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont cosmopolites, mais leur taux de prévalence est particulièrement élevé dans les pays dont le niveau sanitaire est peu développé.
Certaines IST engagent le pronostic vital (VIH, hépatite B) et ne bénéficient pas de traitement complètement curatif, d’autres sont curables mais hautement contagieuses (syphilis, gonococcie), ou encore présentent des risques de complications (herpès, chlamydioses).
Dans le cas de la prévention de l’hépatite B, la vaccination correspondante constitue une protection efficace.
Il faut conseiller aux voyageurs ayant eu des conduites sexuelles à risque de consulter à leur retour, dans leur intérêt et celui de leurs partenaires actuels et futurs.
L’usage du préservatif masculin ou féminin est la première prévention contre les IST.

Rappel des prĂ©cautions d’hygiène

- Hygiène alimentaire (prĂ©vention de la diarrhĂ©e des voyageurs, de l’hĂ©patite A, de l’amibiase...)

  • Se laver souvent les mains, avant les repas et toute manipulation d’aliments et après passage aux toilettes. En l’absence d’eau ou de savon, on peut utiliser un gel ou une solution hydro-alcoolique.
  • Ne consommer que de l’eau en bouteille capsulĂ©e (bouteille ouverte devant soi) ou rendue potable par Ă©bullition (1 minute Ă  gros bouillons) ou filtration (filtre portatif) et dĂ©sinfection [produits Ă  base de DCCNa (dichloroisocyanurate de sodium), ou hypochlorite de sodium et ions d’argent]. Les glaçons et glaces doivent ĂŞtre Ă©vitĂ©s.
  • Le lait doit ĂŞtre pasteurisĂ© ou bouilli.
  • Peler les fruits.
  • Éviter les cruditĂ©s, les coquillages, les plats rĂ©chauffĂ©s.
  • Bien cuire les Ĺ“ufs, les viandes, les poissons et les crustacĂ©s.
  • Se renseigner localement sur les risques de toxicitĂ© des poissons de mer (ciguatera).

- Hygiène corporelle et gĂ©nĂ©rale

  • Éviter de laisser sĂ©cher le linge Ă  l’extĂ©rieur ou sur le sol (risque de myiase), Ă  dĂ©faut le repasser des deux cĂ´tĂ©s.
  • Ne pas marcher pieds nus sur les plages. Ne pas s’allonger Ă  mĂŞme le sable (risque de larbish).
  • Porter des chaussures fermĂ©es sur les sols boueux ou humides (risque d’anguillulose, d’ankylostomose...).
  • Ne pas marcher ou se baigner dans les eaux douces (risque de bilharziose...).
  • Éviter l’ensoleillement excessif (ombre, protection vestimentaire, crème antisolaire).

Pour en savoir plus :

-  "Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2009" ; BEH, 2 juin 2009, numĂ©ro 23-24

Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu