p17, un nouveau vaccin à l’étude destiné aux personnes déjà infectées par le VIH

Publié le 15.10.2009 | par Claire Criton

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Wikimedia commons

Un nouveau vaccin thérapeutique nommé p17, destiné à ralentir la capacité du VIH à se reproduire dans le corps des personnes déjà infectées, a été présenté à l’Université de Calabre, vendredi 4 septembre par le Pr. Robert Gallo, virologue américain renommé et le Pr. Arnaldo Caruso, professeur titulaire en Microbiologie à l’Université de Brescia.

La protéine p17

La protéine de la matrice du VIH, appelée p17, est libérée par les cellules infectées et permet la multiplication du virus et sa diffusion dans le corps. Le virus, après s’être lié à la cellule cible et y avoir pénétré, commence à se répliquer. La cellule infectée libère alors de grandes quantités de protéines virales, dont la protéine p17, qui formeront de nouveaux virus ou seront relachées dans le microenvironnement extracellulaire. La p17 interagit avec une molécule présente sur la superficie d’autres cellules cibles du virus, rendant ces cellules plus susceptibles d’être infectées, et les prédisposant à soutenir une reproduction virale optimale.

Hypothèse de travail

Le groupe de recherche italien a émis l’hypothèse que si cette protéine venait à manquer, le VIH trouverait un nombre nettement inférieur de cellules actives et ne réussirait plus à se répliquer.

Mode d’action du futur vaccin

La protéine p17 comporte un site actif très spécifique, qui n’est pas reconnu comme immunogène par le système immunitaire et qui donc, ne provoque pas la production d’anticorps.

Dans un premier temps, site actif de la p17 serait rendu immunogène, c’est-à-dire en mesure de déclencher la formation d’anticorps spécifiques. Puis il serait introduit dans l’organisme des personnes séropositives par la vaccination. La production des anticorps dirigés contre le site actif de la p17 permettrait alors de bloquer l’activité biologique de cette protéine. La capacité du virus à se reproduire serait ralentit considérablement et à terme, une cohabitation de notre organisme avec le VIH s’installerait, faisant de la personne séropositive un porteur sain du virus.

Essai clinique

La protéine p17 a surmonté les études en laboratoire, pendant la phase pré clinique, se révélant non toxique et efficace. Une première phase clinique, qui consistera à vérifier l’immunogénicité et la sécurité du vaccin, pourrait commencer avant la fin de l’année 2009 et devrait durer environ un an. Cette phase se déroulera au sein de l’Institut des Maladies Infectieuses de l’Université de Pérouse, dirigé par Franco Baldelli qui coordonnera la recherche et dans trois autres centres : Milan, Turin et Brescia. En cas de résultats positifs, une seconde phase d’expérimentation, visant à évaluer l’efficacité du vaccin sur l’Homme devrait suivre.

Source en ligne

-  "P17 : la nouvelle réponse de la médecine contre le Sida"  ; Sonia GRIGT ; bulletins-electroniques.com du 6/10/2009

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